Le fonds Arcapita se prépare à prendre ses pertes dans le dossier CEPL
CEPL pourrait bientôt changer d’actionnaire. La Compagnie européenne de prestations logistiques, ancien chouchou des fonds LBO, renégocie depuis plusieurs mois sa dette avec ses créanciers après un défaut de paiement. Rothschild épaule l’emprunteur, et Moelis les banques. Selon plusieurs sources financières, une solution est en passe d’être trouvée: un rachat de la société par des industriels à l’actionnaire actuel, le fonds bahreïni Arcapita, qui s’est lui-même placé en 2012 sous la protection du droit américain des faillites (Chapter 11).
Arcapita a repris CEPL en juillet 2008 pour une valeur estimée entre 550 et 600 millions d’euros. Le montage incluait, selon les données de Bloomberg, 270 millions d’euros de dette, dont 85 millions de mezzanine apportée par ICG, European Capital et la Société Générale, et deux lignes capex et renouvelable de 20 millions chacune.
Selon les mêmes sources, deux offres émanant de groupes industriels sont aujourd’hui sur la table, à un prix inférieur au montant de la dette senior. «Nous avons bon espoir d’arriver assez vite à une solution satisfaisante», estime un proche du dossier. Si un accord est trouvé entre dirigeants, banques, prêteurs juniors et Arcapita, les créanciers seniors pourraient récupérer une bonne partie de leur mise, alors que le capital et la mezzanine seraient valorisés à zéro.
Les prêteurs seniors sont la Société Générale, CA CIB, ING et RBS, et pour des tickets plus petits, BNP Paribas, le Crédit du Nord et Mediobanca. «CEPL est une transaction typique de l’après-bulle de 2007, mais de l’avant-Lehman, avec des banques encore prêtes à financer mais des fonds spécialisés comme les CLO qui avaient déjà disparu», décrypte une autre source.
Lors de son rachat en 2008, le logisticien français faisait figure de pépite, avec une croissance de 30% par an, grâce à une technique innovante de préparation de commandes. Six fonds s’en étaient disputé le contrôle au deuxième tour d’enchères, et Sagard, qui avait racheté la société en 2005 pour 174 millions, avait réalisé une belle sortie.
Mais tout en faisant progresser l’an dernier son chiffre d’affaires à 210 millions d’euros, CEPL a souffert de moindres prises de commandes et de l’émergence de nouveaux concurrents. «C’est aussi un exemple de mauvaise gestion de la part de l’actionnaire, poursuit la deuxième source. Arcapita a changé deux fois le management et la société a perdu des contrats».
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