Le FMI révise en hausse la croissance des échanges
Les menaces de guerre commerciale n’entament pas l’optimisme du FMI pour la croissance mondiale, à court terme. Elle ralentirait à partir de 2019.
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Ivan Best
Présentation le 17 avril 2018 des perspectives économiques mondiales du FMI dans le cadre des Spring Meetings.
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Photo IMF / Stephen Jaffe
Les menaces de guerre commerciale échangées entre les Etats-Unis et la Chine n’ont pas conduit le FMI, qui présentait hier ses traditionnelles prévisions de printemps, à réviser à la baisse le commerce mondial. Bien au contraire, l’organisation internationale a relevé ses prévisions à cet égard. Elle table désormais sur une hausse de 5,1% des échanges mondiaux en volume cette année, au lieu d’une progression de 4,6% estimée en janvier.
Il est bien sûr trop tôt pour évaluer les conséquences de décisions commerciales qui plus est susceptibles de négociations. Mais le fait que le FMI, tout en soulignant les effets négatifs d’une hausse des droits de douane, relève sa prévision, n’est pas indifférent. Les experts prennent en compte le dynamisme de la croissance, qui alimente les échanges, et surtout l’impact sur les estimations annuelles d’un net rebond des importations des pays industriels au second semestre 2017.
La hausse du PIB mondial atteindrait 3,9% en 2018 comme en 2019, ce qui était déjà prévu en janvier. La croissance de la zone euro est relevée de 0,2 point, à 2,4% pour 2018 tandis que celle des pays du Proche-Orient et d’Afrique du Nord est abaissée également de 0,2 point, à 3,6%. La croissance française atteindrait 2,1% cette année, contre 2,5% pour l’Allemagne. Le FMI souligne le soutien à la croissance mondiale que constituent la politique budgétaire américaine et le maintien en zone euro d’une politique monétaire très accommodante, et la bonne tenue de l’activité en Asie.
La situation pourrait cependant commencer à se détériorer avant la fin de 2019. Cela serait le cas en raison d’un durcissement progressif de la politique monétaire américaine, d’un épuisement des effets positifs de la relance budgétaire mise en œuvre par Donald Trump, et surtout d’un manque de capacités de production : les économies industrielles ne peuvent pas rester de longues années au-delà de leur croissance potentielle, laquelle est limitée par le vieillissement de la population et le ralentissement de la productivité. Ce constat est notamment valable pour l’Europe. Ainsi, le PIB de la zone euro ne progresserait plus que de 2% en 2019, chiffre retenu tout aussi bien pour l’Allemagne que pour la France. La croissance américaine ralentirait un peu moins, passant de 2,9% en 2018 à 2,7% en 2019. Les pays émergents seraient au contraire en voie d’accélération, la croissance augmentant partout, notamment en Amérique latine et en Inde. La Russie et la Chine feraient exception.
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