Le débouclage des CDS grecs laisse sereins les analystes bancaires
Au-delà de l’effet comptable de l’accord entre Athènes et les créanciers privés sur les obligations d’Etat grecques, certaines banques subiront les conséquences de la décision de l’Isda de considérer ce plan comme un événement de crédit, déclenchant les contrats de protection (CDS) sur la dette souveraine hellène.
La note supplémentaire sera salée pour quelques petites banques européennes. «L’activation des CDS, avec un taux de perte estimé à 80%, impliquerait une charge supplémentaire de 423,6 millions d’euros», indique ainsi KA Finanz (la structure de défaisance de l’autrichien Kommunalkredit) dans un communiqué.
Le risque systémique semble toutefois gérable pour les grandes (voir tableau). Mais, soulignent les analystes d’Oddo Securities, «cela suppose que les contreparties qui ont fourni les couvertures aux banques restent solvables. […] Un croisement, forcément approximatif, avec les données du DTCC suggère que les ventes de protection sur la Grèce sont majoritairement le fait d’acteurs hors du secteur bancaire couvert par l’EBA», l’Autorité bancaire européenne. La chambre de compensation DTCC recensait récemment un total de vente de couvertures brutes de 52 milliards d’euros – plus du double des établissements dépendant de l’EBA.
«Les banques doivent espérer être en mesure d’exercer les protections acquises, sinon la perte sera supérieure à la position nette», rappelle Pierre Flabbée, analyste chez Kepler. Mais, note-t-il, le marché reste étonnamment serein. «Contrairement à la faillite de Lehman Brothers, le risque grec est identifié depuis longtemps; en outre, l’injection massive de liquidités par les banques centrales et les mesures de recapitalisation ont rendu le système bancaire bien plus solide qu’en 2008.»
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