Le Crédit Agricole conclut la cession à 100% de CLSA
Crédit Agricole SA franchit encore une étape pour sortir du courtage actions. Le chinois Citics a décidé d’exercer son option d’achat des 80,1% que CA CIB détient encore dans CLSA, pour près de 942 millions de dollars (725 millions d’euros), conformément à l’accord qui avait été signé en juillet dernier. A l’époque, Citics avait pris une participation de 19,9% dans la filiale asiatique de la banque verte pour 310 millions de dollars. Le processus n’est pas encore terminé: la transaction doit être effective mi-2013, une fois obtenues les autorisations des régulateurs. Celles-ci sont nombreuses, CLSA détenant de multiples licences.
Ancienne pépite héritée du Crédit Lyonnais, CLSA gardera sa marque au sein de Citics, auquel il apporte un rayonnement international. Le courtier actions va aussi créer une équipe de recherche crédit pour faire levier sur la position de son nouvel actionnaire sur le marché obligataire chinois.
Conseillé par JPMorgan et Gide, tandis que Rothschild épaulait le camp chinois, le Crédit Agricole aura mis trois ans à conclure depuis les premières discussions. Il a dû accepter dans l’intervalle une baisse de prix qui reflète la chute des volumes sur les marchés actions et les difficultés du courtage. En juin 2011, un premier accord valorisait à 374 millions de dollars le ticket de 19,9% que Citics était prêt à prendre dans un ensemble constitué à la fois de CLSA et de CA Cheuvreux, sachant que la valeur de ce dernier, en perte chronique, est nulle. Début 2011 encore, la filiale asiatique de la banque verte était couramment évaluée à 1,5 milliard de dollars par les analystes financiers, soit 20% plus cher qu’aujourd’hui. Il est vrai que ses résultats sont tombés dans le rouge l’an dernier.
En Europe, le groupe mutualiste doit aussi finaliser la cession de CA Cheuvreux à Kepler Capital Markets, pour prendre autour de 15% du nouvel ensemble. Un désengagement qui se traduira par un bain de sang social, le courtier européen ayant prévu de supprimer 80% de ses effectifs en France et 500 postes sur 700 à l’échelle de l’Europe. Les négociations avec Kepler portent notamment sur le coût de ce plan, à la charge du vendeur. Dans leurs prévisions de résultats pour CASA au troisième trimestre, attendus le 9 novembre, les analystes d’Exane BNP Paribas incluent ainsi une charge de restructuration de 150 millions d’euros avant impôt.
Plus d'articles du même thème
-
Comcast se coupe en deux et mettra en Bourse NBC Universal
Le câblo-opérateur va distribuer à ses actionnaires ses activités dans le divertissement, mettant un terme à plus de dix ans de consolidation. Les investisseurs applaudissent. -
Clariane goûte le retour des beaux jours
Activité en hausse, refinancements bouclés, et restructuration réussie, Clariane a désormais en mains les atouts pour accélérer. Une première confirmation devrait être donnée le 29 juillet prochain lors de la publication de ses résultats semestriels. -
Ares adoube la reprise de l'Olympique lyonnais par Michele Kang
Soldant l'ère Textor, la propriété du club de football revient à la femme d'affaires américaine, par ailleurs très investie dans la promotion du foot féminin via son groupe Kynisca, propriétaire de l'OL Lyonnes.
ETF à la Une
Amundi étoffe sa gamme d'ETF actifs obligataires
- C'est la fête du slip à la Bourse de Paris
- Le vendeur à découvert Grizzly Research multiplie les attaques sur les sociétés cotées européennes
- Scor indemnisera Covéa à hauteur de 488,3 millions de dollars dans le cadre d'une procédure d'arbitrage
- Première bougie pour Antonio Filosa chez Stellantis, mais l’étincelle reste à venir
- Alphabet entre dans l’indice Dow Jones, un symbole plus qu’une reconnaissance
Contenu de nos partenaires
-
Interview« Nous invitons les entrepreneurs français à regarder vers le Qatar »
Le patron du fonds qatari Qatar Development Bank, en quête d'influence mondiale, invite les start-up françaises à s’implanter sans relocaliser -
Tribune libreFait maison : « Voulons-nous permettre aux consommateurs d'identifier les établissements qui cuisinent réellement ? »
Franck Chaumès (Umih), le président de l’Umih Restauration, défend l'affichage du fait maison pour protéger les restaurateurs indépendants et leur savoir-faire -
Shein, Temu, AliExpress… ce que contient le texte contre l'ultra fast fashion
Ce lundi après-midi, le Sénat va examiner le texte définitif visant à réguler le marché de l’« ultra fast fashion »