Le contexte économique et réglementaire soutient le marché secondaire des parts de fonds

Selon le dernier baromètre de Cogent Partners, les transactions ont atteint un record en 2011
Antoine Landrot

Pendant que le rythme des acquisitions à effet de levier (LBO) ralentissait au deuxième semestre en raison de la raréfaction des prêts bancaires, l’activité n’a pas cessé sur le marché secondaire des parts de fonds. Selon le baromètre publié par Cogent Partners, l’un des principaux intermédiaires dans ce type de transactions, le montant échangé sur la période a atteint 11 milliards de dollars (8,4 milliards d’euros).

Cette somme est inférieure à celle du premier semestre (14 milliards de dollars), contrairement aux années précédentes. «L’activité a été affectée par la crise de la dette souveraine européenne et la chute consécutive des marchés d’actions», rappellent les rédacteurs de l’étude.

«Les fonds de pension et les institutions financières ont mené les échanges dans le secondaire, pour respectivement réallouer leurs portefeuilles et répondre aux pressions réglementaires». Ces deux familles d’acteurs ont représenté 58% des vendeurs en nombre et 70% de la valeur des opérations. Au cours de ces deux dernières années, un nombre important de grandes banques ou compagnies d’assurance ont en effet cédé (ou sont en négociation pour le faire) leurs portefeuilles de participations, voire leurs sociétés de gestion de capital-investissement: Bank of America, Citigroup, Barclays, HSH Nordbank, Natixis, Crédit Agricole, Axa…

En termes de prix, les parts de fonds ont également subi une légère inflexion au second semestre. Celle-ci s’explique par «l’intensification de la volatilité sur les marchés et les dépréciations comptables passées au 30 juin, qui ont servi de référence aux transactions du semestre suivant». La proposition la plus élevée lors du premier tour des appels d’offres s’élevait en moyenne à 80,6% de la valeur d’actif nette (VAN) des parts, contre 84,5% au premier semestre et 84% au semestre précédent. Comme de coutume, le segment des LBO présente les décotes les plus faibles: dans un premier tour, la part s’est négociée en moyenne à 85,9% de sa VAN, contre 87% pendant la première moitié de l’année. Ce qui fait dire à Cogent que les valorisations semblent avoir atteint un plateau.

Pour 2012, Cogent s’attend à une présence accrue d’investisseurs non financiers (notamment fondations universitaires et family offices) parmi les vendeurs. Ceux-ci alimenteront le marché, qui devrait encore dépasser les 20 milliards de dollars, pour la troisième année consécutive.

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