Le capital-risque a connu un sérieux ralentissement au premier semestre
Les investissements des sociétés de capital-risque ont chuté de 22% en France au premier semestre, pour un montant total de 416 millions d’euros, selon le dernier indicateur de Chausson Finance. Du jamais vu depuis 2007. Seules 348 sociétés ont convaincu des investisseurs, soit 53 de moins qu’au semestre précédent, pour un montant moyen investi de 1,2 million d’euros contre 1,4 million un an plus tôt.
«En 2008, les fonds fiscaux (FCPI et FIP) avaient levé 1,13 milliard et en 2010, seulement 850 millions. Donc forcément cette baisse des montants collectés se ressent sur les montants investis», explique Sabine Fillias, directrice associée chez Chausson Finance. Elle ajoute que les fonds communs de placements à risque (FCPR) éprouvent quant à eux des difficultés à renouveler leurs propres levées, ce à quoi s’ajoute le contexte économique peu favorable cette année qui nourrit des doutes sur les capacités de croissance des jeunes sociétés.
«Les fonds sont de plus en plus attirés vers les sociétés plus matures, ce qui est probablement un mauvais calcul: les meilleurs investissements sont souvent réalisés à contre-cycle et sur des sociétés jeunes aux valorisations encore faibles», constate Sabine Fillias. Pour preuve: l’amorçage n’a attiré que 22 millions d’euros, soit seulement 5% des montants investis contre 282,5 millions d’euros pour les deuxièmes tours et les suivants.
Un secteur toutefois a toujours la cote auprès des investisseurs: l’internet et le e-commerce. Pour la première fois depuis 2000, en captant 24% des financements, c’est le premier secteur vers lequel se tournent les investisseurs, devant celui de la santé. Ce dernier a connu une lourde chute au premier semestre puisqu’il n’a récolté que 72 millions au premier semestre contre 130 millions lors du précédent.
Après avoir repris Oddo Private Equity en début d’année, Idinvest a été le fonds le plus actif au premier semestre, avec plus de 46 millions d’investissements.
Malgré l’aggravation de la situation économique depuis l’été, Chausson Finance espère du mieux pour la suite. «Si l’année restera difficile, je pense quand même que le second semestre sera meilleur que le premier», prévoit Sabine Fillias. Elle évoque notamment l’effet du report du 15 juin au 30 septembre de la déclaration d’ISF cette année, qui pourrait conduire à une augmentation des investissements jusqu’à cette date par les fonds ISF.
Plus d'articles du même thème
-
«Nous sommes restés à l’écart des émissions des hyperscalers»
Alexandre Stoessel, responsable gestion obligataire chez Scor IP -
«La hausse des marchés est portée par la croissance des résultats»
Thibault Dorlet, CFA, Senior Multi-Asset Portfolio Manager chez Candriam. -
Le stablecoin de SG-Forge permettra de régler des titres de créance d'entreprise tokenisés
Euroclear et SG Forge annoncent une collaboration pour utiliser le stablecoin dollar de la filiale bancaire, l'USD CoinVertible, pour le règlement de NEU CP.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- C'est la fête du slip à la Bourse de Paris
- Le vendeur à découvert Grizzly Research multiplie les attaques sur les sociétés cotées européennes
- Première bougie pour Antonio Filosa chez Stellantis, mais l’étincelle reste à venir
- Alphabet entre dans l’indice Dow Jones, un symbole plus qu’une reconnaissance
- L'assurance emprunteur veut en finir avec les clauses d'exclusion
Contenu de nos partenaires
-
Face aux chaleurs extrêmes les pièges du « travailler moins »
Le débat s’enflamme sur l’adaptation du travail à la canicule, mais il n'échappe pas aux limites économiques du pays -
Et puis quoi encore ?Puces, énergie, capitaux... la grande razzia de l'IA
La pénurie de puces mémoire est le dernier exemple des tensions sur les ressources provoquées par les besoins de l'IA -
Bye byeEDF cède ses énergies renouvelables américaines
Le groupe dégage de nouveaux moyens pour assurer son développement dans le nucléaire