Le Brexit entre dans une semaine décisive
A un peu plus de deux semaines de la date du Brexit, Londres joue son va-tout. Ce week-end, des discussions techniques se sont intensifiées entre Londres et Bruxelles suite à une nouvelle proposition dévoilée jeudi par le Premier ministre britannique à son alter ego irlandais Leo Varadkar. A l’issue de leur rencontre, les deux hommes avaient déclaré « voir un chemin possible vers un possible accord ». Boris Johnson s’apprête aussi, selon la presse britannique, à rencontrer au cours des 24 prochaines heures, Emmanuel Macron, Angela Merkel et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker. Mais hier encore, les services du Premier ministre britannique invitaient à la prudence en indiquant qu’il «restait encore beaucoup de travail à accomplir avant de parvenir à un accord».
Le temps presse : un deal doit nécessairement être trouvé avant le Conseil européen des 17 et 18 octobre. Et si un nouvel accord est trouvé avec Bruxelles, il devra ensuite être ratifié par les députés le 19 octobre à l’occasion d’une session extraordinaire à la Chambre des Communes. Ce qui n’est pas acquis. Depuis son accès au 10 Downing Street, Boris Johnson n’a jamais gagné un seul vote au Parlement. Après avoir expulsé 21 députés de son parti, il n’a plus la majorité aux Communes. Pour remporter la partie, le Premier ministre aura donc besoin du soutien des Spartiates (Spartans), ces 28 députés conservateurs pro-Brexit qui se sont opposés jusqu’à présent à tout accord de divorce. Il devra aussi pouvoir compter sur l’appui du DUP, le parti unioniste nord-irlandais.
Or, dans un entretien donné au quotidien La Repubblica, Nigel Dodds, vice-président du DUP, ne s’est pas montré favorable à l’idée d’une double barrière douanière : « L’Irlande du Nord doit rester totalement dans l’union douanière britannique. Et Boris Johnson le sait très bien ». Le Premier ministre britannique a néanmoins reçu hier le soutien de Jacob Rees-Mogg, leader à la Chambre des Communes, qui, dans une tribune publiée dans le Sunday Telegraph, incitait les députés à soutenir tout nouvel accord dans la mesure où un « compromis sera inévitable». Il a également insisté sur le fait que Boris Johnson était « digne de confiance ».
Dans l’intervalle, la Reine délivrera aujourd’hui son 65e discours devant le Parlement, exercice qui consiste à détailler les projets du gouvernement ainsi que 22 nouvelles lois. Sans surprise, l’accord de retrait du R-U de l’UE (Withdrawal Agreement Bill) en sera la pièce maîtresse.
Plus d'articles du même thème
-
La France veut faire du G7 d'Evian un grand forum de médiation des conflits mondiaux
Le président de la République a voulu un sommet de convergence, permettant d’aborder les déséquilibres économiques mondiaux mais aussi les conflits en cours en Ukraine et en Iran, ainsi qu’une multitude d’autres thématiques. -
La Banque du Canada laisse son taux inchangé à 2,25%
Alors que le PIB s’est contracté au premier trimestre, le comité de politique monétaire canadien considère que l’inflation à 2,8% n’est que temporaire, ce qui ne nécessite pas d’intervenir sur les taux. -
Safran renforce sa présence dans l’industrie allemande de la défense
Le groupe français va investir 50 millions d’euros dans une nouvelle usine de fabrication d’équipements électroniques à Ludwigsburg, près de Stuttgart.
ETF à la Une
WisdomTree dévoile un ETF sur l’ensemble de la chaîne de valeur de l’intelligence artificielle
- Le Crédit Mutuel Alliance Fédérale change de directeur général
- Le Crédit Agricole est confronté à la reprise des grandes manœuvres en Italie
- L'offre d'Intesa sur MPS crée un effet domino pour Axa
- Le commissariat aux comptes séduit plus que jamais les jeunes générations
- Le Crédit Agricole crée une société dédiée à l'IA pour y concentrer ses efforts
Contenu de nos partenaires
-
L'horizon s'assombritMatteo Salvini, le maillon faible de la coalition Meloni
La crise que traverse le chef de la Ligue, débordé par Roberto Vannacci et confronté à la fronde des élus du Nord, menace l’unité de la droite italienne en vue des législatives de 2027 -
Sur mesureG7 à Evian : ce que les Européens attendent de Donald Trump
Les alliés des Etats-Unis veulent profiter du sommet à Evian pour obtenir des avancées du président américain sur la guerre en Ukraine et une mission de déminage dans le détroit d'Ormuz. Mais rien ne garantit qu'il sera d'humeur généreuse -
Inégalités, injustices, privilèges : la confusion qui fausse le débat public
Chaque année, la dénonciation des écarts sociaux précède le débat budgétaire dans une grande confusion entretenue entre inégalités, injustices et privilèges