Le bitcoin s’ouvre davantage au marché européen
Alors que le traumatisme causé par l’effondrement de la plate-forme Mt.Gox s’estompe progressivement, de nouvelles initiatives viennent relancer le potentiel de développement du bitcoin. Coinbase, une plate-forme américaine fondée en juin 2012, va ainsi étendre ses services à treize pays européens, dont la France, l’Italie et les Pays-Bas. Elle permettra aux utilisateurs disposant de comptes en banque en Europe d’acheter et de vendre des bitcoins contre des euros.
Au démarrage, la plate-forme limitera les transactions en crypto-monnaie à 500 euros par jour afin d’assurer un service sans accroc. La limite devrait être rapidement relevée, Coinbase permettant déjà à ses utilisateurs américains d'échanger jusqu'à 50.000 dollars par jour en bitcoin. Cette possibilité de conversion est rendue possible par une alliance avec une banque européenne, dont l’identité n’est pas révélée, connectée au système Sepa. L’EBA a pourtant recommandé récemment de couper tout lien entre les monnaies virtuelles et le secteur financier régulé.
L’Europe est «peut-être huit mois derrière les Etats-Unis» en ce qui concerne l’adoption du bitcoin, a confié au Financial Times Fred Ehrsam, co-fondateur de Coinbase et ancien trader sur le marché des changes chez Goldman Sachs. Sur son site, la plate-forme, qui vient de s’assurer contre le vol et le piratage de bitcoins avec le concours du courtier Aon, revendique 1,6 million de portefeuilles, contre 620.000 fin 2013.
Coinbase a par ailleurs signé un partenariat avec Braintree, une société de paiement rachetée par PayPal (eBay) en septembre 2013. Objectif : proposer la crypto-monnaie aux développeurs de sites marchands recourant à son kit de développement «v.zero SDK». Ce dernier comprend donc PayPal (150 millions de portefeuilles actifs), Venmo (plus de 1,5 milliard de dollars de transactions chaque année) et prochainement Coinbase.
L’actualité du bitcoin et des crypto-monnaies a par ailleurs connu hier la publication très remarquée de deux rapports de la Banque d’Angleterre dans le cadre de son bulletin trimestriel. Si la BoE reste sceptique quant au potentiel des crypto-monnaies en tant que devises, elle reconnaît l’intérêt de leur modèle technologique et en particulier le fait qu’elles favorisent la transparence des transactions financières et limitent la dépendance du système à des compensateurs centralisés et des contreparties. Une ouverture qui tranche avec l’avis franchement négatif rendu l’an dernier par la Banque de France.
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