L’Autorité de la concurrence sanctionne Google pour la première fois
Douzième plus forte sanction de l’Autorité de la concurrence, la troisième en matière d’abus de position dominante, et la première à l’encontre de Google. Le gendarme français vient d’infliger une amende forfaitaire de 150 millions d’euros à l’encontre de Google pour abus de position dominante sur le marché de la publicité liée aux recherches. Il considère les règles de fonctionnement de sa plateforme publicitaire Google Ads « opaques et difficilement compréhensibles » et reproche à Google d’appliquer ces règles « de manière inéquitable et aléatoire ». Cette sanction pécuniaire particulièrement élevée s’explique par la gravité des faits (« négligence voire opportunisme », alerte régulière des autorités de la concurrence...), par le dommage causé à l’économie (baisse du chiffre d’affaires des sites suspendus, …), et par la taille mondiale du groupe.
L’Autorité de la concurrence avait prononcé des mesures d’urgence à l’encontre de Google Ads en début d’année.
L’Autorité ne s’est pas contentée de cette amende et a également prononcé des injonctions pour une durée de cinq ans. Elle impose à Google de clarifier les règles de Google Ads, de clarifier les procédures de suspension « afin d’éviter que celles-ci ne revêtent un caractère brutal et injustifié », et de mettre en place des mesures d’alerte, de prévention, de détection et de traitement des violations aux règles de Google Ads. Dans les deux mois, Google devra transmettre un rapport à l’Autorité détaillant les mesures qu’elle compte prendre ; et dans les six mois, un nouveau rapport devra préciser les mesures effectivement prises. Si Google ne respectait pas ces injonctions, il « s’exposerait à des sanctions très fortes », prévient Isabelle de Silva, présidente de l’Autorité de la concurrence, rappelant que Google bénéficie d’une « domination extraordinaire » avec de 90% à 100% de part de marché. Or, « un grand pouvoir implique de grandes responsabilités, poursuit Isabelle de Silva. Google a un pouvoir de vie ou de mort sur certaines petites entreprises ».
Google a d’ores et déjà annoncé qu’il ferait appel de cette décision. « Nos utilisateurs s’attendent à être protégés contre les publicités trompeuses et c’est à cela que servent nos conditions d’utilisation publicitaires », a précisé un porte-parole du groupe américain.
Plus d'articles du même thème
-
Le dossier SFR constituera un cas d’école pour la nouvelle doctrine antitrust à Bruxelles
Si le rachat de SFR par ses trois concurrents tricolores, annoncé le 6 juin, obtient les feux verts des autorités antitrust, il pourrait ouvrir la voie à d'autres vastes opérations de fusions-acquisitions. De nouveaux éléments changent la donne à Bruxelles. -
Ryanair est dans le viseur de l’autorité britannique de la concurrence
Le régulateur ouvre une enquête concernant les frais facturés par la compagnie irlandaise pour permettre aux parents de s’asseoir aux côtés de leurs enfants. -
Bruxelles force Meta à ouvrir Whatsapp
La Commission européenne a imposé mardi à Meta le retour gratuit des concurrents de son assistant conversationnel Meta AI dans WhatsApp.
ETF à la Une
Generali Investments va lancer ses premiers ETF actifs en Europe
- Les méga-IPO sont le dernier signe avant-coureur de bulle spéculative
- La France domine toujours le classement des meilleurs masters en finance
- Le pétrole plonge après l'accord entre les Etats-Unis et l'Iran
- L’assurabilité climatique refait surface dans l’agenda politique
- Accenture ravive les craintes sur l’IA et enfonce Capgemini dans le rouge
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libreFrance–Afrique : la fin du pré carré ?
Lors du sommet Afrique-France « Africa Forward » à Nairobi en mai dernier, le président Macron a affirmé que l’ère du pré carré français en Afrique était terminée, « depuis 2017 c’est fini », s’attribuant en quelque sorte cet état de fait. -
Un train de retardPourquoi les trains et réseau ferré de la SNCF sont peu adaptés aux chaleurs extrêmes
La vague de chaleur qui s’abat sur la France met en lumière l’inadaptation d’une partie du réseau ferré, dont la régénération est au cœur d’une future loi-cadre qui peine à être examinée. -
Tribune libreAnthropic, Starlink... : la souveraineté, c’est la règle, pas le pavillon
Depuis Bodin, la souveraineté désigne moins l’autosuffisance que la capacité de fixer la loi et de la faire respecter