L’année débute mal pour les levées de fonds dans le non-coté
La crise atteint les levées de fonds. Derrière les chiffres flatteurs de quelques collectes récentes se cache une réalité plus sombre : en raison des conditions de marché, ces véhicules ont vu, pour la plupart, soit leurs objectifs réduits, soit une partie des montants confiés rendue aux investisseurs. C’est par exemple le cas de Charterhouse, qui aurait abaissé son objectif final d’un tiers, et de First Reserve Corporation – même si ce dernier montre, par sa spécialisation sectorielle, que les thèmes d’avenir (l’énergie) suscitent toujours l’intérêt des investisseurs pour des montants qui restent significatifs. L’objectif initial était fixé à 12 milliards d’euros, avec une limite ferme (hard cap) à 16 milliards. Les difficultés de sa structure cotée et l’absence de perspectives du marché ont par ailleurs conduit Candover à suspendre les investissements de son véhicule 2008 pendant les six prochains mois, non sans avoir restitué une partie du fonds.
Les véhicules qui se lèvent aujourd’hui sont destinés à des niches ou des régions encore sous-représentées dans l’univers du private equity. C’est le cas par exemple du fonds bahreïni que lève BNP Paribas MENA (Middle East / North Africa) destiné à la zone du Conseil de coopération du Golfe. Les fonds secondaires (à l’image de GS Vintage V de Goldman Sachs Asset Management) ou de rachat de dettes LBO ont également la cote.
« A travers toutes les familles de fonds de private equity, seuls 78 véhicules sont parvenus à clore au cours du premier trimestre 2009, levant 49 milliards de dollars. Ce sont des niveaux proches de ceux de 2004 », explique Preqin dans son dernier rapport.
Selon l’institut de recherche spécialisé dans le non-coté, la grande partie de l’argent placé dans les fonds clos au premier trimestre avait en fait été levée l’année précédente. Au cours des trois premiers trimestres 2008, 15 % des véhicules ont clos à moins de 80 % de leur objectif initial, tandis que 20-25 % dépassaient l’objectif de plus de 20 %. Au dernier trimestre, les proportions passaient respectivement à 38 % et 7 %.
Début 2009, 44 % des fonds ont clos à moins de 80 % de leur objectif – seuls 7 % parvenant à le dépasser de plus de 20 %. En revanche, cette tendance ne préjuge en rien des rendements futurs de ces véhicules. Dans l’investissement, les meilleures performances ont souvent été réalisées par les millésimes de crise.
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