«L’analyse financière va développer de nouvelles facettes»
L’Agefi: Comment se porte la profession ?
Marie-Pierre Peillon: Si on la réduit à l’analyse actions, on voit qu’elle est sous pression à Paris, en particulier pour le «sell side». Mais c’est une profession qui ne se limite pas au marché des grandes capitalisations. Elle comporte de nombreuses facettes qui vont être amenées à se développer, que ce soit l’analyse extra-financière ou l’analyse crédit. On ne fera pas de l’analyse financière dans les années qui viennent comme on l’a fait ces quinze dernières années. L’approche ne sera plus autant centrée sur l’évolution du compte de résultat ou la croissance des résultats. On revient aujourd’hui à une démarche globale, d’où l’idée de faire une place à l’extra-financier.
Dans quelle direction se développent les relations avec les émetteurs ?
Le besoin en financement des petites sociétés cotées, un défi majeur à venir, nécessitera de faire de l’analyse financière. Selon une étude que nous venons de mener en partenariat avec le Centre des professions financières auprès de 70 valeurs de la place de Paris (compartiments B, C et Alternext), les petites sociétés ne remettent d’ailleurs pas en cause leur présence en Bourse dans un contexte où elles sont tout de même déçues par leurs niveaux de valorisation. Nous devons donc aider les entreprises à aller chercher du financement. C’est dans ce cadre que nous participons depuis 18 mois, aux côtés des pouvoirs publics et de la CDC, à l’Observatoire du financement des entreprises par le marché.
Quel regard portez-vous sur l’offre de formation ?
En parcours initial (CIIA, CIWM), le Centre de formation connaît aujourd’hui une nouvelle dynamique. Nous sommes passés d’une situation très confortable il y a une dizaine d’années à un effritement qui s’est fait au fil du temps. Mais ce que j’observe depuis deux ou trois ans, c’est une stabilisation des effectifs, avec actuellement 98 élèves en formation diplômante. Nous avons des atouts à faire valoir, avec un diplôme international (reconnu par l’EFFAS) mais qui s’intéresse également aux particularités locales. Nous ne sommes donc pas dans une logique d’affrontement avec le CFA, nous voulons au contraire pouvoir échanger avec eux sur nos métiers. Enfin, la formation continue constitue un axe de diversification relativement récent mais qui commence à porter ses fruits.
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