L’AMF doit rendre sa décision sur Ciments Français courant mars
Quelle issue pour les actionnaires minoritaires de Ciments Français? En annonçant mi-février une opération de fusion-absorption de sa filiale française, Italcementi a provoqué la colère des petits porteurs. Non seulement, ils ne bénéficient pas d’une offre en numéraire, mais encore la parité proposée (8,25 actions Italcementi pour une action Ciments Français) est jugée inéquitable par les experts.
Aussi, dans le courant de la semaine prochaine, l’Adam (Action de défense des actionnaires minoritaires) déposera un dossier auprès de l’AMF pour faire valoir les intérêts des actionnaires minoritaires de Ciments Français. «Nous demandons la mise en œuvre d’une OPR, en cash ou en titre avec une parité améliorée, explique la présidente de l’Adam, Colette Neuville. Notre argumentation vise à démontrer une atteinte aux droits et intérêts des minoritaires».
En droit, selon l’article 236-6 du règlement général de l’AMF, Italcementi doit informer l’AMF de son projet de fusion-absorption. Alors, «l’AMF apprécie les conséquences de l’opération prévue au regard des droits et des intérêts des détenteurs de titres de capital ou des détenteurs de droits de vote de la société et décide s’il y a lieu à mise en œuvre d’une offre publique de retrait».
De surcroît, certains font remarquer qu’au-delà de la parité offerte, les perspectives de Ciments Français ne sont pas celles d’Italcementi. L’italien connaît des problèmes structurels de rentabilité et «a perdu six points de part de marché en Italie depuis 1995», note CM-CIC.
De son côté, Deminor a été approché par des actionnaires étrangers et regarde ce qui lui semble le plus opportun. «Nous avions déjà écrit en mai et en juin dernier à l’AMF, lui demandant d’être attentive, car la situation des minoritaires nous paraissait dangereuse», rappelle Fabrice Rémon, associé chez Deminor.
Pour sa part, l’AMF assure que le collège rendra son avis courant mars. Aurel BGC estime que les minoritaires devraient obtenir une OPR, tout en rappelant qu’Italcementi a déjà exprimé son intention d’abandonner la fusion si l’AMF ne se prononçait pas en sa faveur. En attendant, l’action Ciments Français ne vaut plus que 56,77 euros, contre 66,3 euros la veille de l’annonce de la fusion.
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