L’Afrique attire le capital investissement
Le « Goldman Sachs brésilien» est à l’offensive. Moins d’un mois après son entrée sur la Bourse de Sao Paulo, BTG Pactual se tourne vers l’Afrique pour lancer son premier fonds de capital-investissement d’envergure en dehors du Brésil. Dans les six à douze prochains mois, la banque espère lever jusqu’à un milliard de dollars pour ce fonds, qui sera ouvert aux investisseurs étrangers.
«Il s’agitdu plus gros fonds lancé au Brésil pour des investissements à l’extérieur du pays… et il s’agit également du plus gros fonds d’investissement exclusivement tourné vers l’Afrique», indique André Esteves, le président de la banque d’investissement qui pèse 14,6 milliards de dollars en valeur de marché, soit un quart de celle de Goldman Sachs. Le fonds Helios détient pour le moment la palme en Afrique avec 900 millions de dollars.
Le fonds sera essentiellement ciblé sur des investissements dans l’énergie, les infrastructures et l’agriculture: des secteurs clés sur le continent africain. Jusqu’à présent, les liens commerciaux entre le Brésil et l’Afrique restaient concentrés sur le secteur des matières premières. Le géant minier Vale a ainsi annoncé un projet d’investissement de quelque 7,7 milliards de dollars dans neuf pays africains dans les prochaines années afin de satisfaire la soif croissante de la Chine pour les minéraux.
«Je souhaite que cela sera pris comme la preuve de l’énorme potentiel perçu par le secteur privé et sa confiance dans l’Afrique, et cela montre l’affinité que le Brésil ressent envers cette région importante du monde», rajoute André Esteves. Et d’insister sur les perspectives de croissance: celle-ci devrait atteindre 5,5% par an en moyenne en Afrique dans les prochaines années. Sur la décennie écoulée, la dette publique du continent est passée de 90% à 59% du PIB, et l’inflation s’est limitée à 8%.
D’ailleurs, selon un rapport publié par le cabinet Ernst & Young, le nombre de projets d’investissements directs étrangers en Afrique a progressé de 27% en 2011 pour attirer 82 milliards de dollars. En excluant les mouvements de portefeuille et les opérations de fusion-acquisition, ce montant pourrait atteindre 150 milliards d’ici à 2015, tiré par les secteurs miniers, des métaux, de la communication, de l’alimentaire et du tabac. Malgré un regain d’intérêt de la part des Etats-Unis, de l’Inde et de la Chine, le continent n’a attiré que 5,5% des projets d’IDE en 2011.
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