L’affaire MF Global relance le débat sur la surveillance financière
La presse américaine se déchaîne depuis le début de la semaine contre Jon Corzine, le président de MF Global. L’homme n’est pas populaire, c’est le moins que l’on puisse dire. On lui reproche non seulement des malversations à la tête de MF Global, mais également son comportement lorsqu’il était président de Goldman Sachs, Sénateur puis Gouverneur de l’état du New Jersey. Il est encore trop tôt pour connaître l’issue juridique de l’affaire MF Global, mais s’il est avéré que cette institution financière a non seulement enfreint les règles de gestion des risques mais surtout délibérément mélangé les comptes de ses clients et son compte propre, cela pourrait se traduire par des peines de prison ferme pour ceux qui sont reconnus responsables de ces actes.
La faillite de MF Global a par ailleurs ravivé un climat de suspicion. Et bon nombre d’investisseurs et d’opérateurs se demandent si ce n’est pas le début d’une nouvelle série qui pourrait à nouveau ébranler le système financier américain.
Ce nouveau cas de malversation pose clairement trois questions.
Tout d’abord, les régulateurs ont-ils fait leur travail ? De toute évidence, la Réserve fédérale de New York aurait dû intervenir plus tôt. Les autorités de régulation se sont contentées de demander au mois d’août à MF Global de renforcer ses fonds propres. Pour Louis Sulsenti, en charge des relations avec les plateformes de Trading pour Pragma Trading, «le problème avec les régulateurs, c’est qu’ils ont toujours deux trains de retard».
Ensuite, que sont devenus les dizaines de millions de dollars manquant dans les comptes clients de MF Global ? Pour l’instant, cette question est sans réponse et cette information permettra d’étudier la mécanique de cette fraude et de voir comment les règles les plus élémentaires de couverture et de déontologie ont pu être contournées.
Enfin, que faut-il faire pour éviter une nouvelle affaire? Ce ne sont pas les règles qui sont en cause, mais le fait qu’elles n’ont pas été respectées sans que cela puisse être détecté. Les principaux acteurs du secteur sont donc conscients que pour éviter que l’histoire se répète, il faut doter les autorités de régulation d’outils de surveillance plus performants. Il faut aussi que ces autorités changent leur mode de fonctionnement et soient plus réactives.
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