L’accord historique de l’Opep réveille les prix du pétrole
Pour la première fois depuis 2008, le cartel et les pays hors Opep s’accordent sur une réduction de la production. Le prix du baril passe au-dessus des 50 dollars.
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Bastien Bouchaud
Dos au mur, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) est parvenue à se mettre d’accord hier à Vienne sur une répartition des baisses de production par pays pour la première fois depuis 2008, confirmant un objectif de production de 32,5 millions de barils par jour (mbj) annoncé il y a deux mois à Alger. Les tractations de dernière minutes auront porté leurs fruits et la visite des ministres algérien et vénézuélien lundi à Moscou aura ainsi contribué à la participation du pays aux coupes.
Au total, l’Opep s’est engagée à réduire sa production de 1,2 mbj à partir de janvier, et pour six mois renouvelables, et a annoncé des coupes supplémentaires de 0,6 mbj par des pays hors du cartel, dont 0,3 mbj acceptée par la Russie qui, jusqu’à présent, privilégiait un gel.
Appréciation du dollar
L’optimisme affiché des délégués du cartel pendant la journée a entraîné une hausse d’environ 9% des prix de l’or noir hier, le baril de Brent, référence européenne, dépassant les 50 dollars (47,3 euros) à Londres, en hausse de 4,4 dollars à 51,72 dollars, tandis que le brut léger américain (WTI) gagnait 4 dollars à 49,25 dollars. Cette progression a participé au regain des anticipations d’inflation, notamment américaines, faisant grimper les rendements des Treasuries et la demande de dollars. La devise américaine, déjà soutenue par de bons chiffres de l’emploi et des PMI, s’appréciait de 1,7% face au yen, à plus de 114 yens, et de 0,6% face à l’euro.
La volonté du cartel de parvenir à un accord s’est manifestée par la décision de l’Indonésie de suspendre son adhésion au cartel onze mois après l’avoir rejoint, le pays ayant refusé de réduire sa production. L’Iran est néanmoins parvenu à imposer ses vues et sera le seul pays, en dehors du Nigéria et de la Libye exempts pour cause de troubles civils, à pouvoir augmenter sa production. Contrairement aux souhaits de l’Irak, les ajustements se basent sur les sources secondaires de l’Opec, dont les estimations sont le plus souvent inférieures à celles faites directement par les pays membres.
L’Arabie saoudite a de son côté accepté de supporter une réduction de près de 500.000 barils par jour pour ramener sa production juste au-dessus de 10 mbj. Cela correspond à une baisse de 4,6% par rapport à son niveau de production de référence, similaire aux efforts demandés aux autres membres. La participation de l’Arabie saoudite, en dépit des largesses cédées à l’Iran, témoigne de la situation financière difficile du pays.
La Russie réduira sa production progressivement
Les marchés surveilleront désormais l’application de l’accord. Avec un appel de production de 33 mbj pour l’Opep au premier semestre 2017, d’après le dernier rapport sur le marché du pétrole de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), et de 31,9 mbj d’après les estimations du cartel, les réductions proposées devraient permettre d’équilibrer l’offre et la demande, voire d’amputer des stocks à des niveaux historiquement élevés. Un comité ministériel de supervision sera mis en place, composé de l’Algérie, du Koweït, du Venezuela et de deux pays non membres du cartel encore à définir. Déjà, si la Russie a confirmé sa participation, elle a indiqué que sa réduction se ferait progressivement au cours du premier semestre, alors que l’Opep s’est engagée dès le 1er janvier. Une réunion est prévue le 9 décembre à Doha avec les pays non membres du cartel.
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