La vente de CA Cheuvreux à Kepler franchit une étape décisive
CA CIB respecte les temps de passage pour céder son courtier Cheuvreux au premier trimestre 2013. La filiale du Crédit Agricole a annoncé le 7 décembre dans un courrier à ses clients la signature d’un sales & purchase agreement (SPA) avec Kepler Capital Markets, qui fait suite à l’ouverture de négociations exclusives entre les deux groupes annoncées cet été. L’objectif est de conclure courant février, une fois obtenu le feu vert des multiples autorités réglementaires impliquées, notamment aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne.
La banque verte a aussi obtenu le 7 décembre les avis du comité d’entreprise de CA Cheuvreux et du comité central d’entreprise de CA CIB. Les représentants du personnel ont logiquement voté contre, mais le recueil de ces avis permet au groupe de mener à bien le douloureux volet social du projet pour la partie française. Le courtier prévoit en effet de supprimer environ 290 postes sur 360 dans l’Hexagone, dont l’intégralité des fonctions supports (240 postes). Tous pays confondus, il ne devrait rester que 200 collaborateurs sur 700.
Le plan de sauvegarde de l’emploi sera mené par le Crédit Agricole et non par Kepler Capital Markets. Un accord de méthode a été signé chez CA Cheuvreux fin novembre. Il prévoit que les salariés des back offices puissent se voir proposer une solution de reclassement au sein de CA CIB. En cas de refus, le groupe procédera au licenciement contraint. La piste d’un reclassement d’environ 70 postes au sein des filiales de Kepler chargées des tâches administratives aurait aussi été évoquée vendredi.
Pour Crédit Agricole SA, entre charges de restructuration et moins-values, l’opération se soldera par une perte nette. Le groupe a enregistré à cet effet une charge de restructuration de 181 millions d’euros dans ses comptes du troisième trimestre. Il devrait détenir 15% du capital de Kepler à l’issue de la transaction.
Le bain de sang chez Cheuvreux traduit les difficultés structurelles des courtiers actions, dont les commissions devraient se contracter de 29% cette année en Europe selon Tabb. Même Exane BNP Paribas atteint tout juste l’équilibre dans ce métier et doit ses 35 millions de résultat net attendus en 2012 au courtage dérivés et à la gestion. Quant à Kepler, malgré sa position de consolidateur, «la société ne gagne pas d’argent, nous a-t-on expliqué», selon un salarié de CA CIB.
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