La tension remonte à Hong Kong
Des habitants de Hong Kong ont appelé vendredi la population de la ville à s’opposer au projet de la Chine d’imposer une loi de sécurité nationale au territoire semi-autonome, dans lequel ils voient une volonté de les priver de leurs libertés. Un projet de manifestation en milieu de journée dans le quartier des affaires de la ville ne s’est toutefois pas concrétisé, seule une poignée de personnes s'étant rassemblées alors que la police anti-émeutes était visible dans les rues.
De nouveaux appels à des rassemblements nocturnes à travers la ville ont néanmoins émergé et Joshua Wong, l’une des figures du mouvement de contestation de l’an dernier, s’apprêtait à annoncer des « actions de rue ».
De son côté, la cheffe de l’exécutif de Hong Kong, Carrie Lam, s’est dite prête vendredi à « coopérer pleinement » avec Pékin afin d’appliquer cette loi.
Ce projet de loi sur la sécurité a pesé sur les marchés financiers, la Bourse de Hong Kong chutant de plus de 5% en raison de la crainte des investisseurs de voir la ville perdre son statut de centre financier international. La tension s’est également diffusée sur les marchés européens. La banque HSBC, très présente à Hong Kong, perd par exemple plus de 4% à la Bourse de Londres.
Washington durcit le ton
Le projet de loi sur la sécurité pour Hong Kong, dont Reuters a pu consulter une ébauche, prévoit une transposition rapide des règles sécuritaires nationales dans la Loi fondamentale - qui fait office de Constitution pour la ville - afin de lutter contre les activités sécessionnistes, subversives et terroristes ainsi que contre les ingérences étrangères. Selon ce projet, les services de sécurité et de renseignements chinois - qui ne peuvent pas à l’heure actuelle intervenir à Hong Kong - pourraient si nécessaire établir des antennes dans la ville pour défendre la sécurité nationale.
Ce projet pourrait encore compliquer les relations entre Pékin et Washington, déjà marquées par les tensions commerciales persistantes et des accusations réciproques sur la gestion de la pandémie de Covid-19. Le président américain Donald Trump a ainsi prévenu dès jeudi soir que Washington réagirait « très fortement » si Pékin allait au bout de ce projet.
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