La Société Générale mise sur les partenariats pour continuer à financer les PME

La banque de La Défense va contribuer au premier fonds de créances d’Amundi et veut travailler avec Oséo à l’export
Amélie Laurin

Si la Société Générale dément tout credit crunch, elle ne compte plus financer seule à 100% sa clientèle de PME. «Dans cette période difficile, tous les partenariats doivent être actionnés», affirme Laurent Goutard, directeur de la banque de détail en France. Face à Bâle 3, qui pénalise les prêts classiques, «nous sommes en train de signer un accord sous forme de [fonds de] prêts avec Amundi», annonce Vincent Tricon, directeur de SG Mid Cap, la coentreprise de la banque de détail et de la BFI. Filiale à 25% de la Société Générale, Amundi a monté un fonds de loans multioriginateur et multi-investisseur, avec une première tranche de 475 millions d’euros.

L’an dernier déjà, SG Midcaps avait créé un fonds commun de placement pour le compte d’Axa, en conservant 20 % des créances originées à son bilan. Avec Amundi, le pourcentage devrait être inférieur mais les entreprises éligibles auront un chiffre d’affaires supérieur à 500 millions d’euros, contre 250 millions avec Axa. La Société Générale revendique aussi la première place en France sur les placements privés de type obligataire. Au total, «nous avons désintermédié 1,2 milliard d’euros l’an dernier, soit 40 % du marché français» des placements privés, assure Vincent Tricon. En comparaison, les encours de prêts aux entreprises des réseaux France de la Société Générale atteignaient 79,5 milliards d’euros fin 2012 (+3,5% sur un an).

Le groupe compte par ailleurs renforcer ses liens avec les bras armés de l’Etat. A commencer par Oséo, avec qui il espère signer d’ici à l’été «une convention de partenariat spécifique sur le [financement du] commerce international», indique Anne Bucheli, directrice du marché de la clientèle entreprises. La banque travaille aussi avec Oséo sur un mécanisme de garantie pour le nouveau crédit d’impôt compétitivité emploi.

La Société Générale mise sur les PME tournées vers l’étranger car «la France est de plus en plus fragmentée, avec des entreprises de grande exportation, en dehors de la zone euro, qui progressent beaucoup plus vite que les autres», pointe Laurent Goutard. Le partenariat a toutefois été retardé par la création de la Banque publique d’investissement, qui coiffe Oséo et le Fonds stratégique d’investissement. Avec ce dernier, la Société Générale veut continuer à coïnvestir en fonds propres, comme en 2012 dans l’entreprise de recyclage Paprec.

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