La Société Générale limite les dégâts dans sa banque d’investissement
Après une année agitée, la Société Générale termine l’exercice conformément à ses prévisions établies le 21 janvier. Son résultat net atteint 2,02 milliards d’euros en 2008 (pour un chiffre d’affaire en baisse de 4%, à 21,8 milliards). Un montant 2,5 fois supérieur aux bénéfices 2007, marqués par l’affaire Kerviel.
Avec la chute des marchés en fin d’année, les résultats dans la banque de financement et d’investissement (BFI) étaient attendus. Alors qu’il avait anticipé il y un mois un résultat «proche de l’équilibre» au quatrième trimestre, ce dernier se révèle bénéficiaire, à 56 millions d’euros. Un petit exploit quand on considère que le pôle GIMS (gestion d’actifs et services aux investisseurs) a perdu 71 millions et les réseaux internationaux 76 millions. Le consensus d’analystes Reuters anticipait une perte de 36 millions. «Relativement aux chiffres publiés par ses concurrents dans la BFI, notamment les deux milliards de pertes anticipés par BNP Paribas, c’est une très bonne performance», note Pascal Decque, analyste chez Natixis. Sur l’année, la BFI affiche une perte de 235 millions.
Le PNB du pôle atteint 1,14 milliard au dernier trimestre. La baisse des marchés a provoqué l’effondrement de l’activité actions. Celle-ci a produit un revenu net négatif de 519 millions. Elle a chuté de 57% sur l’année, provoquant un recul de 11% du PNB annuel, à 4,02 milliards d’euros. Mais cela aurait pu être pire. Sa politique de couverture lui a permis de réévaluer ses credit default swaps (CDS) de 2,1 milliards d’euros, limitant ainsi l’impact des 3,95 milliards d’euros de pertes et dépréciations d’actifs. En outre, grâce à l’assouplissement de la norme comptable IAS 39, la Société Générale a transféré en prêts et créances 23,5 milliards d’euros d’actifs comptabilisés en valeur de marché – ce qui a eu un impact positif de 1,4 milliard d’euros sur les revenus.
Si le marché a prudemment salué ces résultats, il s’inquiète de l’augmentation du coût du risque, présageant un exercice 2009 difficile. Cette hausse de 41 points de base (à 66 pb) est notamment liée à la BFI (de -19 pb à +84 pb). Sa réorganisation, annoncée hier, devra apporter une réponse, en générant des synergies par le rapprochement des activités de marché, placées sous la seule autorité de Christophe Mianné, et le développement du conseil en M&A. Pour une ambition: figurer dans le top 3 des BFI en Europe dans trois ans.
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