La semaine prochaine, les marchés attendront la Fed et les banques françaises
Après le déluge de publications d’entreprises des derniers jours, les investisseurs profiteront d’une accalmie en début de semaine prochaine. Le répit sera cependant de courte durée. Mercredi, la réunion de politique monétaire de Réserve Fédérale (Fed) tout comme la reprise de la saison des résultats promettent une deuxième partie de semaine chargée.
Au sortir d’Halloween, les économistes ne se font aucune illusion. Pas de cadeau de Noël avant l’heure à attendre de la Fed mercredi prochain. Une quatrième hausse consécutive des taux d’intérêt de 75 points de base (pb) de la banque centrale américaine est quasiment acquise. Selon l’outil FedWatch du CME Group, la probabilité d’un nouveau durcissement monétaire de 75 pb s'élève à 95%, ce qui porterait le taux des «fed funds» entre 3,75 et 4%. Le prix à payer pour juguler une inflation qui ne veut pas s'éteindre malgré les efforts déployés par le président de la Fed, Jerome Powell, et ses collègues.
«Au-delà de la hausse des taux, le marché sera particulièrement attentif aux propos de Jerome Powell lors de sa conférence de presse», indique Eric Lafrenière, gérant sur les actions américaines chez Richelieu Gestion. «Afin de pouvoir rebondir, le marché a besoin d’un signal de la Fed sur un éventuel ralentissement de la hausse» des taux ou «de savoir si une pause marquée dans le remontée des taux est bientôt envisagée», souligne le responsable.
«La grande question est de savoir ce que le Comité de politique monétaire fera lors de sa réunion de décembre», remarque Christian Scherrmann, économiste spécialiste des Etats-Unis chez DWS. Confrontée à la montée en puissance du risque de récession, la Fed pourrait alors justifier une pause dans les hausses de taux, poursuit le conjoncturiste.
Vendredi prochain, la publication du rapport sur l’emploi américain pour le mois d’octobre ne manquera pas de nourrir la réflexion. Les économistes sondés par FactSet tablent sur une modération des créations d’emplois - 200.000 après 263.000 en septembre - et sur une hausse de 0,1 point du taux de chômage à 3,6%.
D’ici là, au Royaume-Uni, les marchés guetteront dès lundi la présentation par le ministre des Finances, Jeremy Hunt, de nouvelles mesures budgétaires destinées à rééquilibrer les comptes du pays. Un rendez-vous crucial pour éviter une nouvelle tempête financière après celle causée par la présentation du «mini budget» de son éphémère prédécesseur, Kwasi Kwarteng.
De Axa à Stellantis, le retour des «publications»
A l’issue d’une pause de deux jours dans les publications d’entreprises - mardi sera férié dans de nombreux pays même si les marchés resteront ouverts - la saison des résultats reprendra mercredi avec notamment les comptes trimestriels de l’assureur Axa, après la clôture.
BNP Paribas, première grande banque française a dévoilé ses chiffres, retiendra l’attention jeudi. La Société Générale lui emboitera le pas vendredi. La capacité de ces deux établissements bancaires à profiter de la remontée des taux sera particulièrement étudiée.
Le constructeur automobile Stellantis devra prouver jeudi qu’il n’a pas à rougir de la comparaison avec Renault. Son grand rival a marqué les esprits en confirmant la semaine dernière ses perspectives 2022 grâce à un «effet prix» record.
Plus d'articles du même thème
-
La Fed va commencer à préparer l’après Jerome Powell
La réunion du dernier FOMC puis la dernière conférence de presse présidées par Jerome Powell seront scrutées de près mercredi. Moins pour la décision d’un très probable statu quo que pour les messages qui en ressortiront sur le positionnement plus ou moins restrictif de la Fed avant l’arrivée de Kevin Warsh. -
La parité progresse dans la finance malgré les vents contraires
Le Gender Balance Index 2026 de l'OMFIF, publié mi-avril, documente une amélioration modeste mais continue de la représentation féminine dans 335 grandes institutions financières mondiales. La Société Générale et BNP Paribas se classent dans le top 20 des banques commerciales mais perdent des places par rapport à l'année précédente. -
Les banques britanniques acceptent le devis du scandale du motor finance
La Finance & Leasing Association (FLA), le principal organisme professionnel du secteur financier, fait volte-face en renonçant à contester en justice le plan de réparation, qui coûterait 9,1 milliards de livres aux prêteurs incriminés.
ETF à la Une
Amundi lance son ETP bitcoin sur Euronext Paris
- Cofidis poursuit sa route aux côtés du Crédit Mutuel Alliance Fédérale
- Apple garde l'innovation produit au centre de sa stratégie avec John Ternus
- Dassault Systèmes trouve enfin les mots pour rassurer les investisseurs
- Tim Cook annonce son départ d’Apple
- La Suisse publie sa proposition de loi «too big to fail» sur mesure pour UBS
Contenu de nos partenaires
-
EditorialRapport Alloncle sur l'audiovisuel public : une publication bienvenue
Sur le fond, sauf à considérer France Télés et Radio France intouchables, les préconisations qui ont fuité ne méritent pas les cris d'orfraie relayés avec complaisance -
Course contre la montreEt si le blocus de Trump faisait plier l'Iran ?
L'Iran pourrait subir une vraie asphyxie économique à cause du blocage de ses ports par les Etats-Unis. Jusqu'à pousser le régime à négocier ? Seulement si Téhéran cède avant Washington... -
Du balaiForvia s'allège de sa division équipements intérieurs, cédée à Apollo
Très endetté (6 milliards d’euros, soit 1,7 fois l’Ebitda ajusté, à fin 2025), l'équipementier automobile Forvia (ex Faurecia) va vendre sa division d’aménagements intérieurs (planches de bord, panneaux de porte...) au gestionnaire d’actifs américain Apollo, pour 1,82 milliard d’euros. L’opération va lui permettre d’alléger son bilan. La dette sera ainsi ramenée à 4,5 milliards.