La sanction de S&P devrait pénaliser les BFI des banques européennes
Déjà affecté par la crise des dettes souveraines en zone euro, le secteur bancaire européen doit désormais faire face au retrait de la note «AAA» des Etats-Unis par Standard & Poor’s. Les règles de Bâle 2 ne recommandent aucune pondération du risque sur les titres souverains dont la note est supérieure ou égale à «AA-» et il semble peu probable que les banques européennes appliquent une règle différente dans leurs modèles internes. Le déclassement américain ne devrait donc pas avoir d’effet direct sur leur solvabilité.
Même si la note américaine était une nouvelle fois abaissée, l’impact resterait limité, selon Exane BNP Paribas. «Les Etats-Unis resteraient probablement dans la fourchette haute des notes, impliquant des actifs pondérés du risque maintenus à un faible niveau. Nous estimons qu’un abaissement des Etats-Unis pourrait coûter au secteur jusqu’à 10 points de base de solvabilité, équivalent à environ un mois de bénéfices non distribués.»
En revanche, «les banques européennes s’inquièteront davantage de l’impact d’une réaction négative des marchés à cet abaissement sur leurs activités», estime CreditSights. Car ce sont surtout les activités de banque de financement et d’investissement qui risquent de pâtir indirectement de l’aggravation du contexte macroéconomique. «L’incertitude crée une attitude de wait and see de la part des entreprises et des banques, qui affecte les projets d’émission, d’introduction en Bourse, de fusion-acquisition et réduit l’appétit pour le trading», relève Exane. Le courtier estime également que la sanction de S&P va accentuer la pression sur le coût des capitaux propres des banques (rendement exigé par les actionnaires) en l’absence d’un signe fort des autorités européennes pour rassurer les investisseurs.
En Bourse, la poursuite de la baisse du secteur bancaire est donc attendue, à l’image des mauvaises performances de lundi. Seules certaines banques italiennes et espagnoles se sont distinguées, soutenues par les rachats de dettes souveraines de leur pays respectif par la BCE, tandis que les valeurs bancaires françaises ont figuré parmi les plus fortes baisses, la Société Générale en tête, avec en toile de fond la crainte de voir la France être la prochaine victime des agences de notations. L’action de la banque a encore plongé de 8,42% à 25,125 euros.
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