La pression des superviseurs américains sur Deutsche Bank s’accroît
La Réserve Fédérale de New York a découvert chez certaines filiales américaines de Deutsche Bank des irrégularités en matière d’information financière, de procédures de contrôle et d’audit et de technologies. Le Wall Street Journal a révélé l’information en citant un courrier envoyé en décembre dernier par un responsable de la Fed de New York à la banque.
«La taille et la profondeur des erreurs suggèrent fortement que l’ensemble de la structure de reporting réglementaire de la banque aux Etats-Unis nécessite des mesures correctives de grande ampleur», selon le courrier. Si des modifications n’ont pas lieu dans les plus brefs délais, elle sera exposée à des sanctions économiques. Les critiques du superviseur concerneraient les reportings trimestriels de la succursale new-yorkaise et de deux filiales.
L’action Deutsche Bank a perdu hier jusqu'à 2,8% à la Bourse de Francfort en réaction à ces informations, accusant l’une des plus forte baisses du Dax 30 et de l’indice des valeurs bancaires européennes. La banque a répondu dans un communiqué qu’elle investissait un milliard d’euros «pour renforcer ses systèmes internes, y compris la qualité de ses données», près de 1.300 personnes travaillant sur ces améliorations.
La plus grande banque allemande est dans la ligne de mire des régulateurs américains depuis un certain temps sur des thèmes variés allant d’enquêtes résultant de la crise financière à des critiques sur le niveau de ses fonds propres, longtemps jugés insuffisants pour faire face aux nouvelles normes de solvabilité. En début de semaine, le groupe a aussi été mis en cause, avec Barclays, par le Sénat américain, pour avoir aidé sa clientèle de hedge funds à soustraire des milliards de dollars d’impôt au fisc.
Selon Dirk Becker, analyste chez Kepler Cheuvreux, «il existe beaucoup de dénigrement des banques étrangères dans tout cela, les Etats-Unis cherchant à leur extorquer des amendes». L’expert fait référence ici aux récentes sanctions records infligées par les autorités américaines à BNP Paribas ou Credit Suisse.
Les règles Tarullo vont par ailleurs contraindre les filiales des groupes étrangers, au-delà d’une certaine taille, à renforcer leurs capitaux propres sans pouvoir s’abriter comme c’est le cas aujourd’hui derrière la solidité de leur maison mère.
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