La norme comptable IFRS 13 coûte cher à Dexia
Dexia indiquait dans son rapport annuel 2012 que les conséquences de l’entrée en vigueur de la norme comptable IFRS 13 – sur l’évaluation à la juste valeur de produits dérivés – étaient en cours d’analyse. Les premières estimations sont tombées hier.
La valorisation des dérivés que la banque (détenue à 95% par les Etats belge et français et en cours de démantèlement) a contractés devrait peser 450 millions d’euros dans ses comptes semestriels au 30 juin. «Ce chiffre […] est encore susceptible d’évoluer à la hausse comme à la baisse notamment en fonction des conditions de marché qui seront observées le 30 juin 2013. Il sera revu par les auditeurs», ajoute l’établissement. Il précise que l’effet est comptable et n’implique aucune sortie de trésorerie. La somme sera reprise graduellement à mesure de l’amortissement des dérivés, Dexia ayant l’intention de porter les actifs sous-jacents à maturité.
Un tel montant est la conséquence de l’importance pour Dexia des instruments dérivés pour exercer son métier: sans collecte de dépôts, sa filiale française Dexia Crédit Local (DCL) menait son activité de prêt aux collectivités locales en empruntant à court terme. «Tous les éléments du bilan exposés au risque de taux d’intérêt ont été swapés. Cela relève d’un choix ancien. La banque a privilégié le ‘micro-hedging’, c’est-à-dire la couverture individuelle de chaque contrat de créance, plutôt que d’opter pour une couverture globale de son portefeuille», indique un porte-parole. Le notionnel de swap atteignait 600 milliards d’euros en 2008, avant le sauvetage de l’établissement. Il atteignait encore 450 milliards d’euros fin 2012, selon son rapport annuel.
IFRS 13 modifie la méthode de valorisation à la juste valeur des dérivés «collatéralisés» (associés à un mécanisme d’appel de marge). La valeur liquidative de ces instruments n’est désormais plus actualisée sur une courbe de l’Euribor (3 ou 6 mois en général), mais sur la courbe du taux au jour le jour des dérivés (OIS, overnight indexed swap). L’instant du passage de l’un à l’autre modifie la valeur des dérivés.
La norme conduit également Dexia à modifier le calcul de sa CVA (Credit Value Adjustment ou provision pour risque de contrepartie applicable aux dérivés collatéralisés) et d’introduire une DVA (Debit…), «miroir» des CVA et qui équivaut au risque de dette propre applicable à ces instruments.
Plus d'articles du même thème
-
La BCE s’inquiète du levier des hedge funds sur les marchés obligataires
Le dernier rapport de stabilité financière analyse le levier croissant des hedge funds sur les marchés obligataires souverains via les stratégies d’arbitrage dites «basis trade». Des positions massives financées par les marchés de «mise en pension» («repo»), qui font peser un risque de ventes forcées et de volatilité accrue en périodes de stress. -
La France s’attend à la clémence de S&P
Ni le déficit budgétaire, ni l’instabilité politique, ni même la dégradation de l’économie mondiale liée à la crise au Moyen-Orient ne devraient trop peser sur la notation de l’agence, qui sera dévoilée vendredi. -
Le Maroc a bouclé sa plus importante émission en euros
Le pays a émis 2,25 milliards d’euros d’obligations en deux tranches à 8 ans et 12 ans, malgré le contexte de marché volatil, témoignant de la profondeur de ce marché.
ETF à la Une
La Bourse de Corée lance des ETF à levier sur Samsung et SK Hynix
- Arkema et Solvay ont adopté des stratégies de croissance divergentes
- Richemont surnage dans un secteur du luxe à l’arrêt
- BP renvoie son président pour des «manquements inacceptables»
- Avec Redion, Generali crée un géant de l’assistance et des avantages aux salariés
- LCL détaille les promesses de son plan stratégique sans parvenir à emballer
Contenu de nos partenaires
-
Démonstration de forcesAttal, Philippe, Retailleau : le match des meetings
Même dans un monde numérisé, le bon vieux meeting reste un incontournable. Il permet de mobiliser les troupes, de montrer les muscles, d'afficher l’unité. Mais peut être ravageur en cas de salle clairsemée -
FeuilletonLes Etats-Unis et l’Iran reprennent leur bras de fer... en attendant un deal ?
Après avoir multiplié les échanges de tirs, les deux pays auraient établi un cadre d'accord mais celui-ci n'a pas été validé par Donald Trump -
Old schoolAttal, Philippe, Retailleau : trucs et astuces pour réussir un meeting
Quel est le meilleur « ambianceur » entre les dirigeants de Renaissance, d'Horizons et des Républicains ? Gabriel Attal va bénéficier de l'expertise des Jeunes avec Macron mais Edouard Philippe et Bruno Retailleau sont tout autant déterminés à mettre le feu