La mue prometteuse de Wendel a pesé sur les comptes en 2014
Dans des marchés en proie aux prises de bénéfices, l’action Wendel a difficilement digéré la publication des résultats 2014 de la société d’investissement. En hausse de 20,7% cette année avant la séance de jeudi, le titre a abandonné 2,23% à la suite de l’annonce du plongeon de 333,7 à 19,6 millions d’euros du profit annuel part du groupe.
Traduisant d’importantes variations de périmètre, notamment la cession en mai de 24 millions d’actions Saint-Gobain pour près de 1 milliard d’euros avec moins-value à la clé, ce plongeon masque la performance opérationnelle plutôt dynamique des sociétés en portefeuille. «A l’exception d’Exceet, toutes nos participations ont affiché une croissance organique», a plaidé Frédéric Lemoine, le président du directoire de Wendel.
Egalement pénalisée par la cession du reliquat dans Legrand à la mi-2013, la contribution des sociétés a baissé de 8,4%, à 599 millions d’euros. Ce chiffre intègre l’augmentation de la seule contribution négative, celle d’IHS, qui passe de 5,8 à 42,2 millions d’euros. «Elle est le fruit des très importants amortissements liés aux investissements qu’IHS a réalisés pour passer de 9.000 à 23.000 tours télécoms», décrypte Frédéric Lemoine. Désormais quatrième opérateur mondial indépendant de tours, IHS a enregistré un Ebitda de 101 millions de dollars (+130%).
Outre la montée dans IHS, l’allègement dans Saint-Gobain et celui plus récent dans Bureau Veritas, tous deux arrivés à leur terme selon Wendel, le rééquilibrage du portefeuille est aussi passé en 2014 par la finalisation du recentrage de Materis. «Notre objectif de réaliser 2 milliards d’euros d’acquisitions entre 2013 et 2017 dans le non-coté pourrait être dépassé», a indiqué Frédéric Lemoine. Compte tenu notamment des acquisitions de CSP Technologies en janvier puis de Constantia Flexibles, en cours de closing, Wendel a engagé plus de 1,5 milliard d’euros.
Le groupe a aussi finalisé son assainissement financier, en allongeant la maturité de sa dette et en réduisant son coût brut de 5,08% à 4,51%. «Les ratios du groupe s’améliorent fortement avec un ratio LTV qui passe de 30,3% à 21,4%», note Tullett Prebon. Pro forma des récentes opérations et de l’augmentation de capital qui se profile chez IHS, il atteindra 27,5% selon Wendel. Nettement en deçà des 35% requis pour la note BBB- octroyée par S&P et rendue à Wendel en juillet. Au 16 mars, la trésorerie atteignait elle 2,4 milliards d’euros.
Plus d'articles du même thème
-
La stratégie de TotalEnergies paie à tous les étages
Le pétrolier a confirmé ses objectifs à l'horizon 2030 et donné de la visibilité au-delà. Il annonce aussi une hausse de son dividende de 5% par an sans renoncer à ses ambitions dans l’électricité. -
Les paris sont lancés sur le futur directoire de la BCE
Les deux tiers des postes seront renouvelés d’ici à fin octobre 2027. Les tractations vont probablement s’accélérer en vue d’accords précédant l'élection présidentielle françaises. Pas sûr qu’elles aboutissent cependant avant le départ effectif d’Isabel Schnabel le 3 janvier prochain. -
La ruée vers le Luxembourg grippe les ouvertures de contrats d’assurance-vie
Suscitant un attrait croissant auprès des épargnants français, l’assurance-vie luxembourgeoise voit affluer les souscriptions. Mais les assureurs peinent à suivre le rythme, entraînant un allongement des délais d’ouverture des produits d'épargne.
ETF à la Une
Les secrets de la performance record d'un ETF sur le fret maritime
Contenu de nos partenaires
-
Royaume-Uni : Andy Burnham au défi de reconquérir sa base
Les militants du Labour veulent donner sa chance au Premier ministre, dont les débuts à Downing Street sont appréciés. Mais il va devoir présenter rapidement des résultats concrets pour convaincre -
Guerre des nerfsAu procès de Rachida Dati, une défense au bazooka face à de lourdes réquisitions
Les avocats de l'ancienne ministre accusée de corruption dans l'affaire Renault-Nissan ont tenté d'affaiblir la démonstration du PNF sur du lobbying supposé à Bruxelles -
Machine arrièreChoc fiscal : 37 milliards déjà, et ce n'est pas fini...
Selon le nouveau bilan des prélèvements obligatoires dressé par l'Institut Rexecode, les hausses d'impôts enregistrées depuis la dissolution ont déjà annulé la moitié des baisses menées depuis 2014. Sans parvenir à faire diminuer le déficit public pour autant