La Médiation du crédit lance une enquête sur onze secteurs industriels
L’accélération des règles prudentielles applicables au secteur financier (Bâle 3, Solvabilité 2…) conduira-t-elle à une raréfaction du crédit pour les entreprises françaises l’an prochain ? Cette crainte exprimée par de nombreux dirigeants ne devrait pas se matérialiser, assurent les participants d’un débat organisé hier dans le cadre de Financium, congrès annuel des responsables finances-gestion.
Le renforcement des ratios de fonds propres et de liquidité, destiné à rendre plus flexibles les bilans bancaires, aura «un impact bien moins important sur les volumes de crédit distribués que l’évolution de la conjoncture», souligne Gérard Rameix, médiateur du crédit. Afin d’avoir une perception plus fine de la situation des entreprises manufacturières qui semble plus délicate que celle des services, une étude exhaustive sur les volumes de crédit dans 11 secteurs industriels vient d’être lancée par la Médiation du crédit. Thierry Luthi, directeur financier de l'éditeur de logiciels Cegid, juge essentiel d’avoir une visibilité à la fois sur l’enveloppe de crédit, les clauses de garantie et le taux d’intérêt appliqué.
Notant un léger ralentissement du rythme de progression des encours de crédit aux entreprises en octobre, le gouverneur de la Banque de France Christian Noyer indique que «le taux d’acceptation sans réserve des demandes de crédit de la part des PME est supérieur à 75% en France, soit 10 points au-dessus de la moyenne de la zone euro». Conséquence de l’exacerbation de la crise des dettes souveraines, l’accès plus difficile aux financements bancaires en dollars pourrait néanmoins avoir des conséquences négatives sur les crédits à l’exportation ou sur les financements de projets.
«Il n’y a pas actuellement et il n’y aura pas de resserrement du crédit en France», martèle François Villeroy de Galhau, directeur général délégué de BNP Paribas, en ajoutant que les objectifs donnés aux équipes commerciales pour 2012 reposent sur une croissance des crédits distribués aux entreprises. La réduction de la taille du bilan de la banque ciblera ses activités en dollars et certaines activités de marché. Si les marges bancaires seront plus élevées, la poursuite de la baisse des indices de référence sera susceptible d’en amoindrir les effets sur le taux d’intérêt global appliqué aux entreprises, affirme le banquier.
Plus d'articles du même thème
-
Volkswagen songe à supprimer jusqu’à 100.000 emplois dans le monde
La refonte du groupe automobile, qui toucherait l’ensemble de ses marques, entraînerait des réductions supplémentaires de coûts et des investissements révisés à la baisse. -
Le tribunal arbitral apporte un premier soulagement à Scor dans l'affaire Covéa
Par une décision rendue jeudi 25 juin, le tribunal arbitral met un terme à près de quatre ans de conflit entre Scor et Covéa portant sur des accords de rétrocession en réassurance vie. Une avancée pour le réassureur dont le cours de Bourse avait souffert de l’affaire, mais pas la fin de l’histoire. D’autres procédures liées sont encore en cours. -
Les fonds Obligations Euro toutes maturités à la loupe #172
La tendance baissière se poursuit sur ces fonds avec une moyenne des performances sur douze mois de +1,91%.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- «Les anticipations de résultats sur le S&P 500 laissent entrevoir un potentiel de surprises positives»
- C'est la fête du slip à la Bourse de Paris
- Le vendeur à découvert Grizzly Research multiplie les attaques sur les sociétés cotées européennes
- Première bougie pour Antonio Filosa chez Stellantis, mais l’étincelle reste à venir
- Alphabet entre dans l’indice Dow Jones, un symbole plus qu’une reconnaissance
Contenu de nos partenaires
-
« Un vote historique » : comment Zohran Mamdani a réussi à geler les loyers à New York
Jeudi soir, une commission de la Ville a voté le gel des loyers des logements régulés. Un vote historique sur une promesse de campagne du maire démocrate, mais controversé -
Pourquoi le gouvernement reporte l'examen du projet de loi « Etat local »
Face à l’opposition des élus locaux et des experts, le gouvernement de Sébastien Lecornu recule sur un transfert inédit de fonctionnaires à l’autorité préfectorale -
Défaillances dans l’enseignement supérieur privé : un nouveau rapport accablant
Un nouveau rapport d’inspection publié ce vendredi constate des dérives et formule des propositions pour mieux réguler le secteur de l'enseignement supérieur privé. Quelque 400 000 étudiants y sont scolarisés