La hausse des risques commerciaux inquiète la Fed
Tout en restant optimiste sur la croissance, la Réserve fédérale commence à se soucier des effets des tensions commerciales sur l’économie des Etats-Unis. Dans les «minutes», publiées hier soir, de la réunion du comité de politique monétaire (FOMC) qui s’est tenue les 12 et 13 juin, de nombreux responsables de la Réserve fédérale ont estimé que les risques liés à la politique commerciale «se sont intensifiés». Malgré une accélération de la croissance américaine au deuxième trimestre, les participants ont ainsi évoqué un possible ralentissement des investissements des entreprises en raison des craintes liées au risque de guerre commerciale et aux marchés émergents.
«Les contacts de la banque centrale dans certains districts ont indiqué que les projets d’investissements industriels avaient été réduits ou repoussés en raison de l’incertitude sur la politique commerciale». Les équipes de la Fed ont par ailleurs légèrement diminué leurs prévisions de croissance pour le second semestre, tablant notamment sur un repli moins rapide du chômage. Selon la projection médiane de ses membres, la banque centrale prévoit pour 2018 une croissance du produit intérieur brut (PIB) de 2,8%, un taux de chômage de 3,6%, et une inflation de 2,1%.
Surveiller la pente de la courbe des rendements
Dans l’ensemble, les membres de la Fed se sont dits confiants dans leur capacité à maintenir l’inflation américaine de manière durable au niveau de leur objectif de 2% malgré un possible ralentissement de l’activité. Les minutes ont également fait apparaître un soutien d’ensemble des responsables de la Fed à une «remontée progressive des taux» et à l’atteinte, voire au dépassement, de leur estimation de «taux neutre» en 2019 ou 2020. Lors de cette réunion, la banque centrale a relevé son principal taux directeur pour la deuxième fois de l’année et porté sa projection moyenne à quatre hausses pour 2018.
Certains responsables se sont par ailleurs demandé si le mince écart de rendement entre les taux d’intérêt longs et courts pourrait être interprété comme le signe d’une récession qui attend son heure. «Un certain nombre de participants pensaient qu’il serait important de continuer de surveiller la pente de la courbe des rendements», indique le compte-rendu. Les rendements des obligations d’Etat américaines ont peu varié après cette publication, tandis que les actions ont terminé la séance en légère hausse, le S&P 500 ayant gagné 0,86%.
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