La guerre au Moyen-Orient fait flancher le secteur privé de la zone euro
L’activité du secteur privé dans la zone euro a baissé en avril, pénalisée par une nette contraction dans le secteur des services en raison des répercussions de la guerre au Moyen-Orient, selon les données provisoires publiées jeudi par S&P Global et Hamburg Commercial Bank (HCOB).
L’indice PMI composite de la zone euro s’est établi à 48,6 en avril, contre 50,7 en mars, marquant le premier recul de l’activité globale depuis 16 mois. Les économistes interrogés par Dow Jones Newswires tablaient sur un indice de 50 ce mois-ci.
Un chiffre supérieur à 50 indique une expansion de l’activité par rapport au mois précédent, tandis qu’un chiffre inférieur à 50 reflète une contraction.
Dans le détail, l’indice PMI du secteur des services est tombé à 47,4 en avril, contre 50,2 en mars. Il a ainsi touché son niveau le plus bas depuis plus de cinq ans et signale le premier recul de l’activité depuis près d’un an. L’indice PMI du secteur manufacturier s’est de son côté hissé à 52,2, après 51,6 en mars.
Les économistes prévoyaient pour le mois d’avril un indice des services de 49,5 et un indice du secteur manufacturier de 50,7.
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Constitution de stocks
Les tensions inflationnistes dans la zone euro se sont renforcées en avril, prolongeant la tendance observée en mars après le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, indiquent S&P Global et HCOB dans leur communiqué. Les prix des intrants ont ainsi connu leur plus forte augmentation depuis la fin 2022, selon leur enquête.
En avril, l’inflation des prix facturés a été la plus forte depuis 37 mois, montre l’enquête.
«La guerre au Moyen-Orient aggrave les difficultés économiques de la zone euro», indique Chris Williamson, chef économiste à S&P Global Market Intelligence, cité dans le communiqué.
«Pour l’heure, c’est le secteur des services qui subit de façon plus marquée les répercussions de la guerre au Moyen-Orient, l’activité des prestataires de services ayant enregistré, en avril, une baisse inégalée depuis les confinements sanitaires du début de l’année 2021", détaille-t-il.
La croissance de l’activité manufacturière est de son côté moins positive qu’il n’y paraît, car la demande repose surtout sur la constitution de stocks, les entreprises s’attachant à sécuriser leurs achats avant de nouvelles augmentations de prix ou difficultés d’approvisionnement, explique Chris Williamson.
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