La Grèce navigue seule, avec des perspectives de croissance étroites
La fin de l’Odyssée, vraiment ? La Grèce, qui sort ce soir de huit ans de programme d’austérité imposé par les plans d’aide financière internationaux, a encore du chemin avant l’aisance économique.
Malgré le retour de la croissance (2% attendus en 2018), le pays va devoir résoudre une équation compliquée. Et, d’abord, maintenir un surplus budgétaire primaire important (3,5% jusqu’en 2023, puis 2,2% jusqu’en 2060), pour pouvoir accéder aux mesures permettant de réduire la charge de la dette (qui s’élève à 180% du PIB). Cela limite la marge de manœuvre du pays, qui devra restreindre ses dépenses publiques et conserver une fiscalité élevée – le taux d’imposition des entreprises, à 29%, est un des plus hauts de l’OCDE selon EY.
Plus généralement, l’économie grecque reste peu compétitive. Une batterie d’indicateurs dévoilés par le FMI en juillet montre non seulement qu’elle est bien en dessous de la moyenne de la zone euro, mais aussi qu’elle n’a pas vraiment progressé depuis 2010. Pour l’institution de Washington, cela nécessite de nouvelles réformes structurelles. Ce qui, de son propre aveu, n’est pas réaliste : après trois plans d’austérité successifs en huit ans, la «fatigue des réformes» est trop élevée pour en remettre une couche.
Par ailleurs, la situation sociale reste compliquée. Après les réformes flexibilisant le marché du travail, le chômage est redescendu à 20%. Mais l’OCDE note que les nouveaux emplois sont souvent des travaux à mi-temps ou temporaires payés au salaire minimum et qu’ils ne correspondent pas toujours au niveau d’études de l’employé. L’organisme pointe aussi une situation alarmante en matière de pauvreté : le taux de privation matérielle aiguë dépasse les 30% de la population, contre 10% en 2008.
Les ménages sont donc «financièrement contraints» et «la consommation privée devrait rester faible», résumait la Commission européenne mi-juillet. Selon ses experts, le facteur principal de croissance devrait donc être l’investissement des entreprises, qui «repart à la hausse, grâce à l’amélioration du climat des affaires et à l’augmentation des investissements directs étrangers».
Autre secteur porteur, le tourisme est en plein boom et, selon les médias locaux, 33 millions de visiteurs sont attendus en 2018 – un record pour ce pays pourtant déjà très touristique.
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