La fusion avortée entre EADS et BAE suscitera de nouvelles alliances
Le rapprochement avorté entre EADS et BAE Systems ne remet pas en cause le besoin de consolidation du secteur de la défense en Europe, mais ce mouvement devrait s’effectuer autour d’alliances plutôt qu’à travers des fusions de grande ampleur, selon de nombreux spécialistes.
La situation d’EADS est sans doute la plus délicate car la direction du groupe, affaiblie par cet échec, doit concevoir une nouvelle stratégie permettant d’optimiser l’allocation du capital entre les activités civiles et militaires. Cela passe par une levée des incertitudes sur l’utilisation d’une trésorerie nette qui atteint 10 milliards d’euros.
Concernant l’actionnariat du groupe européen, les analystes de CM-CIC Securities parient sur «un afflux probable de titres à court terme» émanant du désengagement de Daimler qui détient 15% du capital.
Ce projet de fusion «a probablement suscité des discussions avec l’Etat sur l’avenir de la participation de 46% au capital de Dassault Aviation détenue par EADS», juge par ailleurs le bureau d’analyse de Natixis, en ajoutant que les parties prenantes seront conduites à clarifier une situation «qui voit EADS être impliqué, à la fois, opérationnellement dans l’Eurofighter et au plan capitalistique dans le Rafale». Prêchant pour sa paroisse, Laurent Dassault, directeur général délégué de Groupe Dassault, préconisait en début de semaine un regroupement dans la défense autour de Dassault Aviation, en citant Thales et Safran dans lesquels le constructeur possède des participations. Il ajoutait que Zodiac pourrait entrer dans ce nouvel ensemble qui prendrait le nom de France Aerospace.
La redistribution des cartes devrait également concerner l’équipementier italien Finmeccanica qui constitue aux yeux d’Oddo Securities «l’acteur le plus intéressant puisqu’il sera obligé d’accélérer sa restructuration et son programme de cessions». Le courtier juge de plus en plus inévitable» un rapprochement à terme «avec Thales ou EADS».
Quant à l’attrait spéculatif de BAE, il dépendra essentiellement de ses choix transatlantiques, les analystes de Société Générale estimant qu’une scission ou une cession des activités américaines serait créatrice de valeur. Mais d’éventuels acquéreurs comme General Dynamics, Lockheed Martin ou Boeing devraient rester immobiles au cours des 6 prochains mois, en raison de l’élection présidentielle et des incertitudes sur le montant des coupes du budget américain de la Défense.
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