La frilosité des banques va continuer à peser sur le financement des M&A
L’étude menée par Thomson Reuters et Freeman Consulting Services auprès d’un échantillon représentatif de sociétés interrogées quant aux conditions de levée de capitaux et leur impact sur les stratégies de fusions-acquisitions (M&A) relève que le financement est bien le principal obstacle empêchant la concrétisation d’une transaction.
Dans tous les secteurs, la part des prêts bancaires au sein des levées de capitaux a nettement reculé sur un an au troisième trimestre. Dans la santé, secteur pour lequel les levées ont reflué de 10%, la part des prêts est passée de 66 à 40%. Elle a chuté de 70 à 47 % dans la distribution, où les volumes levés totaux ont baissé de 41% selon les promoteurs de l’étude. Une évolution parallèle à une relative stabilité de la part fournie par les augmentations de capital, au bénéfice de celle provenant des émissions obligataires, qui ont atteint des niveaux records. Mais les émissions de dette sur le marché n’ont pas compensé, loin s’en faut, la frilosité des banques, soucieuses d’abaisser leurs niveaux de risque et créant ainsi un «trou d’air» selon l’étude.
Le sentiment négatif prévaut encore sur l’environnement de la levée de capitaux, seules les entreprises du secteur de l’énergie et des matières premières exprimant un avis neutre. Il devrait pourtant s’améliorer l’an prochain. L’ensemble des secteurs s’accordent à ce sujet, les groupes de médias faisant part de l’optimisme le plus prononcé. Les marchés émergents offriront les meilleures opportunités.
En parallèle, le niveau jugé faible des valorisations constitue actuellement le principal attrait pour se lancer dans une opération de croissance externe, selon les sociétés interrogées. Ces dernières devraient au cours des dix-huit prochains mois user d’arguments davantage opérationnels comme le renforcement de la présence géographique,du volume d’activité ou de l’étendue du portefeuille de produits.
Enfin, si les sociétés nord-américaines se disent très sensibles au niveau des frais perçus par les banquiers conseil, ailleurs, c’est davantage l’expertise de ces derniers en termes géographiques ou sectoriels qui est prisée. Et l’étude relève que l’opinion des sociétés reste très mitigée quant à l’expertise des sociétés de private equity en termes de conduite des affaires, à l’exception des entreprises des secteurs de la santé et de la finance.
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