La French Tech souffre de portes de sortie trop étroites
La French Tech ne manque pas d’entrées. En 2018, selon les données d’EY, plus de 3,6 milliards d’euros ont été investis dans des entreprises françaises de technologie, soit 41% de plus qu’en 2017, et le double par rapport à 2015. Une réussite qui cache pourtant un signe de fragilité, selon Arthur Porré, co-fondateur et associé-gérant d’Avolta Partners, une banque d’affaires spécialisée dans le secteur de la technologie : «Le montant des investissements dans les entreprises de la French tech a explosé depuis 2010 mais le nombre de sorties ne suit pas le même rythme ».
Selon l’étude réalisée par Avolta Partners, la French Tech a fait l’objet de 493 cessions d’entreprises de janvier 2017 à juin 2019, pour un montant cumulé de 23,7 milliards d’euros. Mais 71% de ces opérations étaient inférieures à 50 millions d’euros. Seulement six sorties ont été réalisées à une valeur supérieure au milliard. Aucune de ces six sociétés était financée par des fonds de capital-risque.
Moindre sensibilité à la technologique
La vente de Teads à Altice, pour 285 millions d’euros, constitue à ce stade la sortie la plus élevée pour une société issue du capital-risque, devant Drivy/Getaround (268 millions) et Peopledoc/UltimateSoftware (260 millions). Alors qu’en Europe, la Suède a pu produire une sortie de 25 milliards avec Spotify, les Pays-Bas ont généré Adyen (7 milliards) et le Royaume-Uni a créé Farfetch (5 milliards).
«Avant de réaliser l’étude, nous n’avions pas nous-mêmes conscience de la situation», indique Arthur Porré, qui craint que le manque de sorties de taille vienne de contraintes structurelles propres au marché français : fonds d’investissement moins sensibles à la technologique, industriels réticents à acheter des sociétés aux multiples de valorisation élevés, bourses peu attractives. «Il n’y pas beaucoup de sorties en Bourse. Pour la plupart il s’agit de petites opérations. Et les actions ont tendance à dégringoler après la cotation. Cela n’encourage ni les investisseurs ni les dirigeants à choisir cette porte de sortie», appuie Arthur Porré.
Selon le banquier, «il ne faut pas être trop alarmiste, il est logique qu’il y ait un décalage dans le temps entre la hausse des entrées et celle des sorties. Mais si les solutions de liquidité locales ne s’améliorent pas, cela deviendrait problématique à partir de 2021-2022». Les entreprises pourraient aller chercher des solutions à l’étranger, notamment aux Etats-Unis, auprès de fonds ou d’industriels, ce qui accroîtrait les craintes de colonisation digitale.
Plus d'articles du même thème
-
UroMems lève 60 millions de dollars auprès du fonds américain Ajax Health
Ce nouveau tour de financement auprès d'Ajax Health Fund I, un véhicule sponsorisé par le gérant californien Iconiq, porte à plus de 150 millions de dollars le total levé par la medtech grenobloise développant un dispositif pour traiter l'incontinence d'effort. -
EXCLUSIFLes partners de Sagard Midcap lancent leur propre société d’investissement
Maxime Baudry, Antoine Ernoult-Dairaine et Saik Paugam quittent le fonds canadien pour lancer Orso Partners. Les trois dirigeants reprendront la gestion du portefeuille historique et préparent une nouvelle levée de fonds. -
L'Etat cède trois actifs à la Caisse des dépôts
La cession, qui comprend notamment la société pour le logement intermédiaire (SLI), devrait se monter à 2,5 milliards d'euros et permettre à l'Agence des participations de l’État de se recentrer sur des actifs de souveraineté.
ETF à la Une
State Street IM et Ninety One s'associent pour lancer des ETF actifs
- Atos joue gros avec un refinancement à 1,25 milliard d’euros
- Eric Larchevêque fait machine arrière sur son projet de «bitcoin treasury company»
- Wero pousse les feux sur son application
- Allianz déçoit les attentes en vie-santé
- La crise politique continue de secouer la livre sterling et les taux britanniques
Contenu de nos partenaires
-
« Un risque faible » : le MV Hondius, devenu foyer de l'hantavirus, a accosté dans le port de Rotterdam
Le navire de croisière MV Hondius a accosté dans le port de Rotterdam, aux Pays-Bas, avec 27 personnes à bord, lundi 18 mai. Selon l'Organisation mondiale de la Santé, cette arrivée ne doit pas susciter d'inquiétude -
Tribune libreLa victoire du dépassement à Strasbourg trace un chemin pour les progressistes en 2027
Strasbourg fut l'une des très rares villes où Renaissance a noué un accord avec la gauche pour les municipales. L'élu municipal, membre du parti macroniste, en tire des leçons pour la campagne présidentielle -
Prévenir pour guérir
Ancien spin doctor d’Emmanuel Macron, Ismaël Emelien a lancé Zoï, une start-up qui veut réinventer le soin préventif par la data et par l’IA, avec ses check-up révolutionnaires. Objectif : franchir une nouvelle frontière de la médecine prédictive.