La France perd du terrain dans la bataille pour les investissements étrangers
Les projets d’implantation d’entreprises étrangères ont diminué sur un an en France, contrairement à ce qui se passe dans le reste de l’Europe, selon EY.
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Solenn Poullennec
La France a attiré moins d’investissements étrangers l’année dernière, contrairement à ses voisins européens.
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La France a attiré moins d’investissements étrangers l’année dernière, contrairement à ses voisins européens. Les projets d’implantation d’entreprises étrangères dans l’Hexagone ont diminué de 2% en 2015, pour atteindre 598, selon le baromètre de l’attractivité publié par EY aujourd’hui. La France reste toujours le troisième pays européen à drainer le plus de projets, avec 12% des nouvelles implantations et extensions mais « dans une Europe hyperactive, la France est la seule du Top 15 des pays européens à être en régression», souligne Marc Lhermitte, associé chez EY.
Dans un contexte de ralentissement des pays émergents et d’amélioration des conditions économiques en zone euro, les 42 pays «européens» (dont la Russie et la Turquie) surveillés par EY ont capté 5.083 projets d’implantation en 2015, soit une augmentation de 14% sur un an. A lui seul, le Royaume-Uni a attiré 21% des implantations et a vu celles-ci bondir de 20% (à 1.065). L’Allemagne a enregistré 19% des projets (946) et ceux-ci sont en hausse de 9%.
Depuis 2006, les projets d’implantation en France stagnent alors qu’ils ont progressé au Royaume-Uni et en Allemagne. Qui plus est, «sur les sièges sociaux, on a complètement décroché», explique Marc Lhermitte. Dernier exemple: Technip va transférer son siège à Londres. La France n’a réussi à capter que 11 projets de sièges et centres de décisions en 2015 et se place derrière le Royaume-Uni (150), l’Allemagne (48), les Pays-Bas (27) et l’Irlande (16).
Cette piètre performance est d’autant plus paradoxale que la perception de son attractivité s’améliore. En 2016, 80% des quelque 200 décideurs internationaux interrogés par EY ont déclaré avoir une image «plutôt satisfaisante» ou «très satisfaisante» de l’attractivité de la France, contre 68% en 2015 et 62% en 2014. «Les investisseurs que l’on interroge ont le sentiment que le diagnostic est fait et que la première vitesse [de réformes] est enclenchée, mais cela ne suffit pas pour convaincre leur maison mère. Le problème n’est pas d’aller mieux mais d’aller mieux que les autres», assure Marc Lhermitte. De fait, les dirigeants font état d’une baisse des perspectives d’implantation à un an entre 2015 et 2016. Ils pointent du doigt le niveau des charges et des coûts salariaux, la fiscalité et le manque de flexibilité du droit du travail en France.
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