La France maintient son programme d’émission de dette
Le projet de loi de finances rectificative (PLFR) a été présenté mercredi en Conseil des ministres avec un déficit prévu de 219,5 milliards d’euros, au lieu de 173 milliards dans la Loi de finances initiale (LFI) et un besoin de financement de l’Etat porté à 337,7 milliards d’euros pour 2021, soit 44,7 milliards de plus qu’initialement prévu. Comme indiqué mardi, l’augmentation du déficit résulte essentiellement du report en mars de 28,8 milliards de crédits sur des dispositifs d’urgence non consommés en 2020 et de l’abondement de ces dispositifs (activité partielle, Fonds de solidarité…) à hauteur de 15 milliards pour accompagner la sortie de crise et les entreprises jusqu’à septembre.
Elle sera financée par une contribution de 47,8 milliards du compte du Trésor qui avait augmenté de 63,4 milliards entre 2019 et 2020, le déficit budgétaire ayant été inférieur de 45,2 milliards aux prévisions tandis que 28,8 milliards de crédits financés n'étaient pas consommés.
En revanche, l’Agence France Trésor (AFT) garde inchangés par rapport à la LFI son programme d’émissions de dette à moyen et long terme à hauteur de 260 milliards. Elle maintient également la hausse possible de l’encours de dette de court terme (BTF) de +19,5 milliards de variation en fin d’année.
Mercredi matin, le Haut conseil des finances publiques (HCFP) a rappelé que ce projet de budget rectifié pour 2021 reste soumis à de nombreuses incertitudes sur l’évolution de l’épidémie et la reprise de l’activité économique. Le HCFP a jugé «réaliste» la prévision de croissance, qui la maintient à +5% du PIB cette année, même si le climat des affaires en mai peut «présager une résorption des pertes d’activité un peu plus rapide» encore. Parmi les aléas hors rebond de l’épidémie, il évoque l’investissement des entreprises, la consommation des ménages, la situation financière des entreprises, ou encore l’environnement international.
Le Haut conseil estime que les recettes publiques pourraient s’avérer «un peu supérieures» à ce que prévoit le gouvernement si le PIB et la masse salariale sont finalement plus élevés que ses prévisions prudentes. Côté dépenses, il souligne la grande incertitude qui entoure les anticipations du gouvernement, en lien avec l’extinction progressive des mesures de soutien, «voire de l’adoption de nouveaux dispositifs en cas de reprise de l’épidémie au second semestre».
Le déficit public au sens de Maastricht augmentera à +9,4% (au lieu de +8,5% en LFI) et la dette diminuera à 117,2% du PIB (au lieu 122%) en raison des récentes révisions de PIB (pour 2019 et 2020).
Plus d'articles du même thème
-
Céline Dion pourrait apporter un léger coup de pouce à la croissance française
La star québécoise donnera 16 concerts devant 480.000 spectateurs à La Défense Arena cet automne. L’exclusivité mondiale de ces shows pourrait attirer de nombreux visiteurs étrangers à Paris et ajouter jusqu'à un milliard d'euros d'activités à l'économie française. -
Le déficit public britannique est au plus bas depuis 2020
Le déficit 2025-2026 a diminué à 4,3%, soit près d’un point de pourcentage en moins sur un an, grâce à un niveau de recettes plus élevées. Mais le conflit au Moyen-Orient met les finances publiques britanniques sous pression. -
La France évalue le coût économique de la guerre en Iran à plus de 4 milliards d’euros
Le ministre de l’Economie et des Finances a réuni mardi plusieurs ministres avec le Comité d’alerte des finances publiques créé en avril 2025. Ce comité conclut que les recettes fiscales liées au carburant pourraient à peu près couvrir les aides déjà annoncées. Mais pas le coût économique total lié à la remontée de l’inflation, au ralentissement de la croissance et à la charge de la dette, évalué à 4,4 milliards d’euros.
ETF à la Une
Les investisseurs en ETF se détournent des actions européennes
- Cofidis poursuit sa route aux côtés du Crédit Mutuel Alliance Fédérale
- Apple garde l'innovation produit au centre de sa stratégie avec John Ternus
- Tim Cook annonce son départ d’Apple
- La faiblesse congénitale de la finance décentralisée
- Dassault Systèmes trouve enfin les mots pour rassurer les investisseurs
Contenu de nos partenaires
-
Milan : Le Salone del Mobile, nouvelle scène stratégique du luxe
Pendant plus de soixante ans, Milan appartenait aux éditeurs italiens. Une scène maîtrisée, codifiée, où B&B Italia, Cassina ou Poltrona Frau dictaient le tempo du design mondial. Cette époque n’a pas disparu — elle s’est diluée. Car désormais, ce sont les maisons de luxe qui occupent le terrain, transformant la Milan Design Week en une extension de leur territoire symbolique. -
G7 environnement Paris : pourquoi le climat a été écarté pour obtenir un accord avec les Etats-Unis
La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, experte de la diplomatie climatique, salue des « résultats exceptionnels » après avoir essuyé des critiques sur sa méthode pragmatique -
Blame gameMidterms : Donald Trump et le Parti républicain en eaux troubles
En pleine préparation des midterms, les républicains affrontent une accumulation de mauvaises nouvelles : défaite en Virginie dans la guerre du redécoupage électoral, inflation en hausse et impopularité croissante de Donald Trump