La France demeure un marché attirant pour le capital-investissement

L'étude menée par EY, l’Afic et Thomson Reuters montre que le marché français se compare avantageusement à ses concurrents européens et américain
Antoine Landrot

Si la performance relative du capital-investissement par rapport aux autres classes d’actifs suscite toujours des questions, sa performance comparée entre pays peut moins prêter à débat. L’étude menée par EY, Thomson Reuters et l’Association française des investisseurs pour la croissance (Afic) – pour les chiffres concernant la France – consacre l’Hexagone comme l’un des marchés qui affiche les meilleures performances à la fin de l’année 2013.

Comme dans l’édition précédente, seuls les fonds américains et britanniques font mieux en termes de performance depuis leur lancement: le taux de rendement interne annuel (TRI) moyen atteint respectivement 12% et 11,4%, contre 9,2% pour les véhicules de sociétés de gestion françaises. Mais alors que le TRI recule de 20 points de base (pb) outre-Manche, il reste stable en France et progresse de 10 pb outre-Atlantique. Les performances en Allemagne, troisième marché du Vieux Continent, arrivent loin derrière à 5,6% et reculent de 70 pb.

En multiple (autre mesure de la performance d’un fonds de capital-investissement), le résultat est plus resserré: il atteint 1,5 fois aux Etats-Unis, 1,46 au Royaume-Uni, 1,37 en France et 1,35 en Allemagne.

L’un des caractères distincts de l’univers français est la grande dispersion des performances. Entre les premiers et quatrième quartiles, les TRI nets moyens plongent de +18,7% à -9,9%. L’Allemagne vit le même phénomène (+31,4% à -5,9%). Les performances sont moins risquées au Royaume-Uni (+16,3% à -3,8%), tandis que le marché américain brille par ses performances (+26,2% à -0,2%).

Toutefois, les divergences sont nombreuses selon le métier: capital-risque (ou venture), capital-développement et transmission, qui concentre la très grande majorité des LBO. Sans surprise, seul les pays anglo-saxons émergent dans le venture, grâce à des écosystèmes très favorables, avec des TRI de 13,9% aux Etats-Unis et 5,1% au Royaume-Uni. L’Espagne parvient à afficher 1%. Le TRI est négatif en France (-0,6%), en Allemagne (-0,7%) et en Italie (-2%). C’est en capital-transmission que la France est la mieux placée, puisqu’elle arrive en tête (à 14%), devant le Royaume-Uni (13,2%) et Etats-Unis (11,5%).

De même, l’Hexagone est numéro un si l’on considère les TRI sur 10 ans (période 2003-2013). Avec 10,7% de performance, il se classe premier en Europe (8,4% en moyenne) et devant les Etats-Unis (9,5%).

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