La finance non bancaire continue de croître
Les acteurs non bancaires continuent de se développer dans le système financier, à un rythme plus rapide que les acteurs traditionnels (banques centrales, banques, assureurs, fonds de pension et autres institutions financières publiques). Le «shadow banking» représente désormais plus de 30% des actifs financiers mondiaux, avec 116.600 milliards de dollars d’actifs, montre le dernier rapport du Conseil de stabilité financière (FSB) publié hier à partir de données à fin 2017. L’organisme international parle désormais d’«intermédiation financière non bancaire», jugeant le terme «shadow banking» trop connoté, mais appelle toujours à la vigilance face à des acteurs souvent moins surveillés que les banques et assurances.
Les acteurs non bancaires «deviennent des acteurs importants dans des domaines où les banques ont traditionnellement joué un rôle dominant», souligne Klaas Knot, président de la commission du FSB d’évaluation des vulnérabilités. «Les autorités doivent rester vigilantes face aux risques sur la stabilité financière» liés à ce type de financement, ajoute-t-il.
Des fonds susceptibles de sorties en panique
Pour ce faire, le FSB distingue les activités les plus à même de développer des risques capables de menacer la stabilité financière, qu’il mesure à 51.600 milliards de dollars d’actifs, en hausse de 8,5% sur un an. Au sein de ce groupe, la gestion d’actifs est, de loin, le secteur le plus important, les véhicules collectifs d’investissements représentant 71% du total, en croissance de 9,1% sur l’année. Le FSB y regroupe tous les fonds «avec des caractéristiques les rendant susceptibles à des sorties en panique», mais souligne que tous ne sont pas soumis au même degré de surveillance. Les fonds monétaires y sont ainsi inclus au même titre que des fonds immobiliers ou obligataires. Ces derniers réalisent ainsi des transformations de liquidité et de maturité les rendant potentiellement vulnérables face à des demandes de sorties élevées en période de stress sur les marchés.
Le danger est d’autant plus important lorsque de tels fonds sont investis dans des marchés à la liquidité superficielle, rapidement asséchée en période de stress. Dans une étude de cas, le FSB se penche ainsi sur le marché des prêts à effets de levier, qui s’est développé au point de dépasser sa taille d’avant-crise. Le FSB s’inquiète de protections en baisse pour les investisseurs sur ce segment et appelle à recueillir davantage d’informations, notamment sur les CLO.
Plus d'articles du même thème
-
« Les indices français, allemand, suisse, indien et chinois devraient maintenir leur sous-performance »
Vincent Guenzi, directeur de la stratégie d’investissement de Cholet Dupont Oudart -
Les actions de style croissance souffrent de la remontée des taux longs
Les actions de style croissance, tout comme celles dans la catégorie des petites capitalisations, sont particulièrement sensibles au contexte de tension sur les taux longs. -
En défaut face à des demandes de rachats, un gérant turc fait tanguer le marché actions local
Les problèmes de la société de gestion Pusula Portföy ont fait chuter le principal indice de la Bourse d'Istanbul ce mercredi 16 septembre.
ETF à la Une
Les particuliers français propulsent la collecte des ETF européens vers un nouveau record
- La Société Générale aura du mal à contenter tout le monde avec son nouveau plan
- La coûteuse ardoise de la frilosité des épargnants français
- Axa place la conquête au coeur de son nouveau plan stratégique
- La Société Générale mise sur une meilleure éducation financière des femmes
- Les banques ne seront pas désintermédiées, elles seront tokenisées
Contenu de nos partenaires
-
SécuritéL’armée de terre française lance ses unités de drones de combat – enfin !
Testés et approuvés. A la manière des Ukrainiens, les forces françaises commencent à se doter de télépilotes de « FPV » opérationnels pour accompagner chars et blindés -
Guerre de positionsDe Glucksmann à Retailleau, la campagne présidentielle dans le piège de la radicalité
Les prétendants à l'Elysée issus des partis de gouvernement promettent une révolution en cas de victoire le 2 mai prochain. Mais quand sa première qualité est d'être raisonnable, peut-on parler comme les extrêmes ? -
Choix publicsL’impôt n’est pas un projet de société : la preuve par 5
La redistribution ne produit pas la mobilité ; au contraire, elle a figé les hiérarchies : la France est égalitaire, mais injuste