La Fed tempère les espoirs de nouvelles baisses de taux
Le statu quo était impossible à tenir. Pour la première fois depuis fin 2008, la Réserve fédérale américaine (Fed) a décidé hier de réduire son principal taux directeur à hauteur d’un quart de point, ramenant l’objectif de taux des Fed funds dans une fourchette comprise entre 2 et 2,25%, à son niveau de décembre 2018. Dans le communiqué publié à l’issue de la réunion de son comité de politique monétaire (FOMC), la banque centrale explique avoir pris une décision préventive en vue de protéger l’économie du pays des incertitudes grandissantes constatées à l’international. Elle estime que cette baisse doit favoriser le retour de l’inflation vers l’objectif de 2% mais que «les incertitudes entourant cette perspective restent bien présentes».
La situation en matière de tensions commerciales «est quelque chose que nous n’avons jamais connu auparavant» et à laquelle le comité de politique monétaire s’adapte au fur et à mesure, a expliqué lors de sa conférence de presse le président de la Fed, Jerome Powell. Il a néanmoins qualifié ce mouvement d’«ajustement monétaire de milieu de cycle», une formule qui semble exclure le début d’un long cycle de baisse. Deux des membres du FOMC, le président de la Fed de Boston Eric Rosengren, et son homologue de la Fed de Kansas City Esther George, se sont d’ailleurs prononcés contre cette décision en plaidant pour des taux inchangés. Ils ont fait état d’une croissance actuelle solide, d’un taux de chômage à un plus bas de près de 50 ans et d’une consommation des ménages robuste.
Donald Trump a réagi en déclarant que Jerome Powell «nous laisse tomber» en limitant la baisse des taux à un quart de point. Il a néanmoins salué la décision de la Fed de mettre un terme au processus de réduction de son portefeuille d’actifs dès jeudi, avec deux mois d’avance sur le calendrier prévu. Le taux d’intérêt sur les réserves excédentaires a de son côté été abaissé de 2,35% à 2,1%, une décision prise à l’unanimité des dix membres votants du FOMC.
Le rendement de l’emprunt d’Etat américain à deux ans, le plus sensible aux variations de taux, a atteint 1,88%, tandis que l’indice S&P 500 a terminé la séance en repli de 1,1%. Le dollar a de son côté gagné 0,5% par rapport à un panier de devises. Selon le baromètre des contrats à terme sur les taux des Fed funds de CME Group, les investisseurs estimaient mardi à 87% la probabilité qu’une nouvelle baisse de 25 points de base des taux ait lieu d’ici à fin 2019. Hier soir, cette probabilité est retombée à 60%.
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