La Fed s’arme de patience – pour une durée indéterminée
L’institution marque une pause dans le cycle de resserrement monétaire face au ralentissement économique, selon ses «minutes».
Publié le
Ajouter à vos sources préférées
Ajouter en favori
Capucine Cousin
Le président de la Fed, Jerome Powell
-
Crédit Fed.
Les responsables de la Réserve fédérale (Fed) ont décidé de marquer une pause dans le cycle de resserrement monétaire, selon le compte-rendu de sa dernière réunion des 29 et 30 janvier, publié mercredi. La Fed compte notamment se donner le temps d’évaluer les effets du ralentissement économique mondial. Pour plusieurs de ses membres, une hausse des taux ne serait nécessaire «que si l’inflation évoluait au-delà de leurs projections de base». La Fed avait surpris les marchés en janvier en suspendant son cycle de relèvement des taux, en maintenant l’objectif de taux des fonds fédéraux (Fed Funds) fixé entre 2,25% et 2,50%. Pourtant, encore en décembre dernier, les banquiers centraux américains évoquaient deux hausses de taux pour 2019.
Mais les perspectives économiques se sont assombries depuis. La croissance de l’économie américaine marque le pas, et a souffert de la paralysie budgétaire («shutdown»). La volatilité des marchés financiers s’est intensifiée face aux incertitudes de l’économie mondiale, et aux tensions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis,
La Fed a aussi signalé dans ses minutes qu’elle pourrait atténuer, voire arrêter «dans le courant de l’année» le programme de réduction du bilan de l’institution, chargée de 4.000 dollars d’obligations et d’autres actifs. Le processus de réduction («runoff») a été lancé fin 2017. Bob Miller, directeur général du gérant d’actifs BlackRock, attend un tel plan «d’ici la parution des minutes de la réunion de mai, une décision en juin et l’arrêt du runoff en octobre, si ce n’est juillet».
Mais certaines questions clés pour les marchés sont restées sans réponse. Par exemple, jusque quand la Fed sera-t-elle «patiente», et sa prochaine décision consistera-t-elle à relever ou abaisser les taux. Selon les minutes, «nombre de participants ont estimé qu’on ne savait pas encore quels ajustements de l’objectif de marge du taux des fonds fédéraux pourraient être appropriés dans le courant de l’année». Maintenant, les investisseurs s’attendent à ce que les taux stagnent jusque 2020, selon le prix des taux d’intérêt à terme. «Les taux sont en suspens pour le moment (...) mais la Fed est loin d’avoir écarté toute hausse des taux cette année si le risque baissier pour la croissance se dissipe», estime Joe Manimbo, de Western Union Business Solutions, cité par Reuters.
Face à ces questions, Wall Street a fini sur une petite hausse : le Dow Jones a pris 0,2%, à 25.954,44 points, le S&P 500 s’est adjugé 0,2%, à 2.784,70 points, et le Nasdaq Composite est resté proche de l'équilibre, à 7.489,07 points.
Le taux d’inflation annuel s’est maintenu aux Etats-Unis en juillet pour le 65e mois consécutif bien au-dessus de l’objectif de 2% de la Réserve fédérale (Fed), le taux mensuel remontant même de 0,1% à 0,2% de manière inattendue. Cela ne devrait toutefois pas inciter la Fed à resserrer sa politique monétaire dans l’immédiat.
A deux jours du Symposium de Jackon Hole, le directeur Stratégie et marchés internationaux chez Natixis IM, également enseignant en économétrie aux Universités Paris Dauphine et Panthéon Sorbonne revient sur les nouvelles pistes de stratégie monétaire lancées par le président de la Réserve fédérale.
La mauvaise dynamique sur les taux américains, qui a notamment poussé le rendement des US Treasuries à 30 ans au-delà de 5,30% depuis mi-août, un sommet inédit depuis 2007, ne semble pas prête de s’inverser. Retour sur les principaux facteurs de risques.
Sur le réseau social X, le ministre des Comptes publics, David Amiel, a assuré que les Français "peuvent continuer à investir, comme aujourd'hui, dans les indices les plus diversifiés".
La visite surprise du patron de la CIA en Russie visait à adresser un avertissement à Moscou, face à la crainte d’une attaque cyber ou terrestre contre un pays de l’Otan.