La Fed réussit à durcir son discours sans dérapage du dollar
Le dollar a repris une tendance haussière après le durcissement du discours des membres de la Fed depuis la semaine dernière. L’indice dollar DXY face aux six autres principales devises s’est renforcé de 1,9% au cours des deux dernières semaines. Le billet vert s’est également apprécié de 2,4% en moyenne face aux devises émergentes, après être tombé mi-août à son plus bas niveau depuis un an, selon l’indice JPMorgan. Le billet vert a surtout bénéficié de nombreuses déclarations de membres de la Fed, dont celle de son vice-président Stanley Fischer qui a réitéré hier que l’autorité n’est plus très loin de ses objectifs de plein emploi et d’inflation. La Fed d’Atlanta signale une accélération du rythme de croissance du PIB américain de 3,4% au troisième trimestre, après un premier semestre décevant.
Le dollar reste néanmoins en ligne avec ses niveaux moyens enregistrés en 2016 face aux autres devises du G7, et loin des sommets atteints en janvier face aux devises émergentes. Son taux de change effectif accuse toujours une baisse depuis le début de l’été, alors même que les anticipations d’une détente supplémentaire de la part de la BoJ et de la BoE ont augmenté et que la BCE garde l’arme au pied. Les hedge funds conservent des positions vendeuses sur le dollar, pour des positions qui sont légèrement acheteuses sur l’euro et le franc suisse, et encore plus sur le yen. La livre reste la devise la plus fortement vendue par les investisseurs à la suite des conséquences du Brexit sur l’activité britannique, selon l’indice BNP Paribas publié hier.
Cette réaction modérée du dollar aux évolutions des anticipations de hausse des taux s’explique par le fait «qu’une appréciation marquée du billet vert impliquerait un recul de la probabilité de relèvement des taux de la Fed», selon Aurel BGC. C’est le facteur mis régulièrement en avant par les membres du FOMC pour expliquer la faiblesse de l’activité et de l’inflation au premier semestre, ainsi que le durcissement des conditions financières aux Etats-Unis.
Alors que les chiffres de l’emploi pour le mois d’août dévoilés ce vendredi seront importants pour les investisseurs, «la poursuite de la remontée des anticipations de durcissement de la politique monétaire américaine, voire même une hausse des taux en septembre, n’auraient qu’un impact modéré et/ou transitoire sur le marché des changes», prédit ainsi Aurel BGC.
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