La Fed provoque l’aplatissement de la courbe des taux américaine
Après les propos de Jerome Powell mercredi, les marchés n’anticipent plus qu’une seule hausse des taux en 2019, après celle attendue en décembre.
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Patrick Aussannaire
Jerome Powell, le président de la Fed, a tempéré mercredi son discours monétaire.
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Capture écran Fed.
Le cycle de resserrement monétaire de la Fed devrait bientôt arriver à son terme. Le rétropédalage de son président Jerome Powell mercredi, sur le niveau des taux Fed funds qu’il juge désormais proches du taux neutre censé clôturer le processus de resserrement monétaire, s’est traduit par un fort aplatissement de la partie courte de la courbe de taux. Le spread entre les rendements des Treasuries à 2 et à 5 ans n’était plus hier qu’à 4 pb de l’inversion, pour la première fois depuis mi-2007. Il était remonté autour de 20 pb début octobre dans un contexte de hausse généralisée des rendements sur toute la courbe, à une époque où Jerome Powell estimait que les taux Fed funds étaient encore loin d’avoir atteint la neutralité.
A l’origine de ce mouvement se trouve un fort réajustement à la baisse des anticipations du rythme de hausse des taux de la Fed. Les contrats forward ne tablent plus que sur une hausse à la réunion du FOMC, qui se tiendra les 18 et 19 décembre, suivie d’une seule et dernière autre au cours de l’année 2019, qui porterait le niveau de fin de cycle de la fourchette cible des taux Fed funds, entre 2,50% et 2,75%. Ce niveau est inférieur de 25 pb aux prévisions de marché du début du mois, et se situe en bas de la fourchette des estimations du taux de long terme faites par les membres du FOMC en septembre de 2,5% à 3,5%. «Le fait que Jerome Powell mentionne des taux, juste en dessous des estimations du taux neutre semble faire référence aux prévisions actuelles faites par le FOMC», explique Nomura.
Le niveau auquel le taux Fed funds s’arrêtera de grimper à l’intérieur de cette fourchette sera décisif pour l’évolution des taux longs. Le mouvement de baisse récent des rendements a été plus fort sur la partie 5 et 10 ans, ce dernier étant revenu à 3%, que sur la partie 2 ans, depuis les plus hauts atteints début octobre, ce qui a conduit à un aplatissement sur ce segment. En revanche, la partie longue à 30 ans a mieux résisté avec une baisse du taux limitée à 10 pb et identique à celle du 2 ans. La pente entre le segment 2 et 30 ans s’est ainsi stabilisée autour de 50 pb après être tombée à 30 pb l’été dernier. «L’aplatissement de la courbe laissant entrevoir un ralentissement de l’économie en 2020, la pression est donc forte sur les épaules de la Fed pour bien gérer son resserrement monétaire», estime Natixis.
Le taux d’inflation annuel s’est maintenu aux Etats-Unis en juillet pour le 65e mois consécutif bien au-dessus de l’objectif de 2% de la Réserve fédérale (Fed), le taux mensuel remontant même de 0,1% à 0,2% de manière inattendue. Cela ne devrait toutefois pas inciter la Fed à resserrer sa politique monétaire dans l’immédiat.
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