La Fed prévoit une trajectoire de taux plus agressive
La Réserve fédérale américaine (Fed) a relevé hier soir d’un quart de point le taux des fonds fédéraux dans une fourchette désormais comprise entre 1,75 et 2%. Largement attendue, cette décision a été prise à l’unanimité des huit membres votants de son comité de politique monétaire (FOMC). Le taux d’intérêt sur les réserves excédentaires (IOER selon son acronyme anglais) a de son côté été relevé pour atteindre 1,95%. De façon plus marquante, la Fed anticipe désormais quatre hausses de taux cette année, contre trois auparavant, sa prévision de trois relèvements demeurant inchangée pour 2019.
«L'économie va très bien et la plupart de ceux qui veulent du travail en trouvent», a résumé en conférence de presse le président de la Fed, Jerome Powell. Il a estimé que les taux d’intérêt se rapprocheront du niveau neutre l’an prochain et qu’alors, il ne sera plus adapté de conserver le terme «accommodant» dans les communiqués de politique monétaire. La banque centrale se montre plus optimiste sur la qualité de la croissance qui est passée de «modérée» à «solide». Elle note aussi que la consommation des ménages s’est accélérée et que les investissements des entreprises continuent d’augmenter «fortement».
Même si l’inflation est proche de l’objectif annuel de 2% fixé par l’institution, cette dernière «n’est pas près de crier victoire tant que nous n’avons pas maintenu ce niveau pendant un certain temps», a jugé Jerome Powell. Il a par ailleurs annoncé qu’il tiendrait une conférence de presse après chaque réunion de politique monétaire à partir de janvier prochain.
Un rythme de hausse des taux plus rapide «pourrait contribuer à aplatir davantage la courbe des rendements sur le marché obligataire, mais n’indiquerait pas nécessairement la fin imminente du cycle économique. Néanmoins, il est possible qu’avec une telle divergence continue de la politique monétaire par rapport à celle d’autres pays développés, le marché réexamine l’impact de cette décision sur les actifs à risque», commente Antoine Lesné, directeur EMEA stratégie et recherche SPDR de State Street Global Advisors.
Compte tenu de ce décalage, «l’appréciation du dollar et la hausse des taux américains pourraient constituer un risque pour la croissance mondiale», avance de son côté Nicolas Porest, directeur de la gestion chez Candriam. Les investisseurs attribuent désormais une probabilité de 51% à un scénario de quatre hausses, selon les données de CME Group, contre 46% mardi.
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