La Fed prend des mesures énergiques pour apaiser les tensions du marché
La Réserve fédérale a fortement augmenté ses injections de liquidités jeudi.
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Capucine Cousin
Jerome Powell, président de la Réserve fédérale américaine (Fed).
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Bloomberg
La Réserve fédérale a pris des mesures radicales, jeudi, pour apaiser la volatilité du marché des prêts interbancaires, inondant le marché de liquidités, et élargissant ses rachats de titres d’Etat américains. La Fed de New York, organe d’intervention de la banque centrale sur les marchés, a indiqué que «ces changements sont apportés pour couvrir des perturbations très inhabituelles sur les marchés financiers associé à la pandémie de coronavirus». Cela a été supervisé par le président de la Fed, Jerome Powell, en accord avec le comité de politique monétaire (FOMC).
L’institution prévoit de mettre plus de 1.500 milliards de dollars (1.342 milliards d’euros) de prêts à court terme à disposition des banques d’ici à vendredi soir, en échange de garanties telles que des obligations du Trésor ou certains titres hypothécaires. Elle procédera jeudi et vendredi à deux prises en pensions de titres de 500 milliards de dollars, d’une maturité de trois mois, et d’une troisième de 500 milliards, à un mois.
«C’est une réponse à une crise majeure, destinée à montrer clairement que la Fed ne va pas laisser les liquidités se tarir», estime Ian Shepherdson, économiste en chef de Pantheon Macroeconomics. «Nous nous attendons à ce que la Fed achète 60 milliards de dollars de titres dans un futur proche».
En outre, ces prochaines semaines, la Fed effectuera des prises en pension à un mois et trois mois de 500 millions de dollars chacune toutes les semaines d’ici à la fin du mois.
La Réserve fédérale avait déjà lancé un autre programme, dans le cadre duquel elle rachète 60 milliards de dollars de bons du Trésor à court terme (T-Bills) par mois sur le marché, pour remédier aux tensions apparues sur les taux interbancaire en septembre dernier, en raison d’un assèchement des liquidités.
Elle était sous la pression des investisseurs, ne croyant plus en la capacité du gouvernement américain de donner une réponse politique rapide. Dans son discours à la nation prononcé mercredi soir, le président Donald Trump a apporté peu de détails sur ses projets d’aides aux entreprises, annonçant la mise en quarantaine de l’Europe.
Ces annonces de la Fed n’ont pas suffi à rassurer Wall Street, qui a fini en forte baisse jeudi. L’indice Dow Jones affichait en clôture son recul le plus marqué depuis près de 33 ans, en recul de 2.352,60 points, soit 9,99%. Le S&P-500 a cédé 260,74 points, soit 9,51%, et le Nasdaq Composite a reculé de 714,33 points (-8,98%).
La croissance des moteurs que sont l’investissement et la consommation reste soutenue. Sans relancer l’inflation sous-jacente en juin, au vu des indices liés aux dépenses PCE également publiés jeudi. De quoi faire patienter les marchés et envisager un nouveau statu quo de la Fed en septembre.
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