Les marchés sont repartis à la hausse hier malgré l’observation par certains membres de la Fed de valorisations élevées sur les actions.
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Bastien Bouchaud
La Fed a publié mercredi soir les minutes de sa réunion des 14 et 15 mars.
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Board Room de la Réserve fédérale. Crédit Fed.
La valorisation élevée des indices américains fait l’objet de nombreuses discussions, jusqu’au sein du comité de politique monétaire de la Réserve fédérale. «Certains participants estiment que le prix des actions est plutôt élevé par rapport aux mesures standards de valorisation», lit-on ainsi dans les minutes de la réunion de la Fed du 14 et 15 mars derniers publiées mercredi soir. «De nombreux participants ont discuté des conséquences de l’augmentation du prix des actions sur les derniers mois, plusieurs d’entre eux y voyant une contribution à un relâchement des conditions financières.»
«Les mouvements de marché de mercredi suggèrent que les investisseurs prennent pour acquis que la Fed va réduire son bilan en priorité pour empêcher que la bulle d’actifs gonfle davantage», estime ainsi Naka Matsuzawa, stratégiste taux chez Nomura.
La mention de valorisations élevées sur les marchés actions est suffisamment rare pour inquiéter les investisseurs. «Je dirais que la prudence domine même s’il serait excessif de parler d’aversion pour le risque», avance Alvin Tan, stratégiste à la Société Générale. «En réalité les marchés actions américains n’avancent plus depuis un moment et les rendements des Treasuries ont évolué vers leurs niveaux les plus bas de l’année».
La politique budgétaire de Washington est une inconnue de taille
Cette divergence entre l’optimisme affiché des marchés actions - mais également d’autres «actifs risqués, comme les actions des pays émergents, les obligations high yield, et l’immobilier commercial», note la Fed - et l’atonie des Treasuries en particulier sur les taux longs pourrait inquiéter la banque centrale, considèrent Christian Parisot et Jean-Louis Mourier, économistes chez Aurel BGC. Le rendement des Treasuries à dix ans est ainsi retombé de 20 points de base depuis la dernière réunion de la Fed. «La politique monétaire de la Fed perdrait de son efficacité si la hausse des taux directeurs n’était pas transmise à la partie longue de la courbe des taux», écrivent-ils.
Si une «correction significative» sur les marchés n’est pas forcément attendue, un tel scénario fait désormais partie des risques sur les perspectives évoqués par «un certain nombre de participants». Or, comme le souligne les stratégistes de Nomura, une telle correction pourrait être déclenchée par la réaction des marchés et de l’économie face «à l’incapacité ou à la réticence de Washington à mettre en place une politique budgétaire aussi expansionniste que ce que les marchés anticipent».
Le taux d’inflation annuel s’est maintenu aux Etats-Unis en juillet pour le 65e mois consécutif bien au-dessus de l’objectif de 2% de la Réserve fédérale (Fed), le taux mensuel remontant même de 0,1% à 0,2% de manière inattendue. Cela ne devrait toutefois pas inciter la Fed à resserrer sa politique monétaire dans l’immédiat.
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