La Fed maintient le cap de la hausse des taux
Les décisions prises par la Réserve fédérale américaine (Fed) à l’issue de la réunion de son comité de politique monétaire (FOMC) ont été conformes aux anticipations, mais certains professionnels des marchés doutent de l’optimisme de l’institution.
Pour la deuxième fois de l’année, la Fed a relevé d’un quart de point ses taux directeurs, désormais situés dans une fourchette de 1% à 1,25%. Pour justifier sa décision, le FOMC évoque dans son communiqué «un marché du travail qui a continué à se renforcer» et «une activité économique en hausse modérée depuis le début de l’année».
Si le comité a maintenu son projet d’une hausse supplémentaire cette année, certains éléments ont laissé les investisseurs perplexes. Prévoyant une croissance de 2,2% en 2017 aux Etats-Unis (contre 2,1% précédemment), le FOMC indique examiner «de près l’inflation». Il a réduit sa prévision pour la fin de l’année de 20 points de base (à 1,7%) et celle de l’inflation sous-jacente de 30 pb (à 1,5%).
En outre, certains doutent de la capacité de la Fed à maintenir sa stratégie en raison de récents indicateurs décevants (ventes de détail, prix à la consommation...). «Le ton neutre de la déclaration surprend un peu, en indiquant que la Fed fera peut-être une pause avant de relever de nouveau les taux. Le ralentissement des données économiques américaines et les attentes moindres d’un assouplissement fiscal en 2017 ont clairement commencé à peser dans la réflexion de la Fed», estime Lee Ferridge, directeur de la stratégie multi-actifs de State Street Global Markets.
Signe de sa confiance, le FOMC a ajouté que la Fed commencera cette année à réduire son bilan, lequel a gonflé depuis la crise financière de 2008. La réduction des rachats de dette a été fixée à un maximum de 6 milliards de dollars par mois pour les bons du Trésor et de 4 milliards par mois pour les obligations adossés à des créances immobilières et la dette des agences publiques. Ces montants augmenteront d’autant chaque trimestre, jusqu’à atteindre 30 milliards pour les Treasuries et 20 milliards pour les autres titres.
Le FOMC n’a pas donné de montant précis d’actifs que la Fed entendait conserver. «Ce que je peux vous dire, c’est que nous anticipons de réduire les réserves et notre bilan global à des niveaux sensiblement inférieurs à ceux des dernières années, mais supérieurs à ceux d’avant la crise financière», a commenté Janet Yellen, la présidente de la Fed, en conférence de presse. Retrouver le bilan d’avant-crise supposerait en effet que le marché absorbe 3.500 milliards de dollars.
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