La Fed initie l’ultime phase de son resserrement monétaire
Avec des hausses qui semblent acquises ce mercredi et en décembre, l’autorité ferait entrer les taux Fed funds dans la fourchette d’estimation du taux neutre.
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Patrick Aussannaire
Le Comité de politique monétaire (FOMC) de la Fed se réunira mercredi 26 septembre.
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Photo Fed.
La Fed va faire rentrer les taux courts dans leur zone de neutralité. En étant relevés de 25 pb à l’issue de la réunion du Comité de politique monétaire (FOMC) mercredi, et de 25 pb supplémentaires à celle du 19 décembre à un niveau situé entre 2,25% et 2,50%, comme c’est désormais anticipé avec quasi-certitude par le consensus et les marchés, la cible des taux Fed funds intégrera le bas de la fourchette d’estimation du taux neutre de long terme allant de 2,25% à 3,5%. «Le FOMC entrant dans la zone de neutralité, des changements dans sa communication, des ‘dots’, et sur la réduction de son bilan, seront nécessaires», explique ainsi SG CIB. Des vifs débats ont d’ailleurs déjà commencé entre membres du FOMC concernant le rythme futur de resserrement comme le niveau de taux de fin du cycle approprié.
Solidité de l’activité
La Fed fournira mercredi des indications en publiant ses premières prévisions sur les taux à horizon 2021. Au mois de septembre dernier, ses membres voyaient en moyenne les taux Fed funds à 3,1% l’an prochain, puis à 3,4% en 2020, avec des taux d’inflation PCE global et sous-jacent tous deux stables autour de leur objectif de 2%, et le maintien d’un taux de chômage à un niveau historiquement bas de 3,5%. Ces projections intégraient une dernière hausse en décembre, puis trois autres au cours de 2019, et une dernière l’année suivante qui porterait son niveau à 3,25-3,50% fin 2020. «En 2021, la Fed pourrait ajouter une hausse de taux de 25 pb, et pousser sa prévision à 3,6%», estime SG CIB. Cette estimation l’éloignerait un peu plus du taux de long terme, qui est lui estimé à seulement 2,90%.
Lael Brainard, pourtant membre des colombes du Board de la Fed, a estimé récemment que l’accélération des tensions sur le marché du travail en plein resserrement monétaire suggère que le taux dit neutre a augmenté, grâce à la solidité de l’activité dopée par les mesures fiscales de relance. Ce qui traduit une inflexion plus faucon au sein du FOMC. Les marchés sont néanmoins plus prudents, malgré le rebond du rendement 10 ans à un niveau proche de son plus haut atteint en mai, de 3,11%. Les taux courts implicites atteignent un plafond d’environ 3,2% mi-2020 avant de se stabiliser, voire de reculer très légèrement ensuite, ce qui signifie que le marché commence déjà à anticiper la fin du processus de hausse des taux de la Fed dans deux ans, et le début d’un cycle d’assouplissement ensuite.
Le taux d’inflation annuel s’est maintenu aux Etats-Unis en juillet pour le 65e mois consécutif bien au-dessus de l’objectif de 2% de la Réserve fédérale (Fed), le taux mensuel remontant même de 0,1% à 0,2% de manière inattendue. Cela ne devrait toutefois pas inciter la Fed à resserrer sa politique monétaire dans l’immédiat.
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