La Fed est partie pour relever trois fois ses taux en 2017
Les chiffres mensuels de l’emploi américain publiés vendredi confirment le scénario d’une hausse des taux de la Fed à la réunion du FOMC qui se tient demain et mercredi. L’économie américaine a créé 235.000 emplois non agricoles supplémentaires au mois de février, avec un taux de chômage en recul à 4,7% malgré une hausse du taux de participation, à un niveau de 63%. La concordance de ces deux derniers facteurs «sera vue de manière très favorable par les membres de la Fed, même si cela devrait aussi conduire à un débat renforcé sur le niveau du taux de chômage en deçà duquel il commencera à engendrer des tensions inflationnistes», estime ING. D’autant qu’à 2,8% en février, le rythme annuel de hausse des salaires se maintient proche du seuil critique implicite de 3% de la Fed.
Stabilité des rendements des Treasuries
Si ces chiffres sont positifs, ils n’ont pas entraîné de modification des anticipations de hausse des taux par les marchés. Ils ont été surpris par l’estimation ADP publiée deux jours plus tôt indiquant 298.000 créations d’emplois dans le secteur privé en février. Ils craignaient qu’une confirmation par les chiffres officiels et qu’une accélération trop brutale de la hausse des salaires n’amènent un durcissement des conditions monétaires défavorable à l’économie américaine. Les rendements des Treasuries sont au contraire restés stables, et le dollar a même légèrement reculé au cours de la séance de vendredi. Le rendement à 10 ans était déjà remonté de 30 pb ces deux dernières semaines à un niveau de 2,6% et le taux réel à 0,6%, conduisant à une hausse du dollar de 2% depuis ses niveaux atteints fin janvier.
Si une hausse des taux Fed funds de 25 pb mercredi semble acquise à 96% par les marchés à terme suite à l’opération de communication d’envergure mise en musique par de nombreux membres de la Fed ces dernières semaines pour préparer le marché à ce scénario, une autre hausse est également anticipée à la réunion du FOMC de mi-juin et une autre au cours du second semestre, soit un scénario de trois hausses sur l’année. L’inflation américaine a accéléré plus fortement que prévu en janvier pour atteindre un rythme de 2,5%, et l’inflation sous-jacente à 2,3%. Le déflateur de la consommation PCE, la mesure de l’inflation privilégiée par la Fed a également montré des signes de tension en atteignant 1,9% en début d’année, soit un niveau très proche de l’objectif final de 2% qui est visé par la Fed.
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