Un plafond mensuel révisable tous les trois mois au-delà duquel la Fed réinvestira les tombées de titres en dollars détenus dans son bilan pourrait être fixé.
Publié le
Patrick Aussannaire
Deux nouvelles hausses des taux Fed funds, en juin et au cours du second semestre, sont toujours anticipées.
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Bloomberg
La Fed prépare en douceur les marchés au lancement d’un vaste processus de réduction de son bilan hérité des rachats d’obligations après la crise financière. Les minutes de la dernière réunion du FOMC publiées jeudi dernier montrent qu’un consensus fort se dégage désormais parmi ses membres pour lancer plus tard cette année un programme de réduction de la taille du bilan, en suspendant les réinvestissements de coupons de Treasuries et MBS arrivant à maturité de manière progressive et prévisible. Le cadre défini consiste à fixer un plafond au-delà duquel la Fed réinvestira les tombées de titres en dollar détenus dans son bilan. Ce plafond, qui sera fixé initialement à un faible niveau, devrait ensuite être relevé tous les trois mois, ce qui permettra une baisse progressive des réinvestissements.
Si une nouvelle hausse des taux Fed funds de 25 pb le 14 juin et une autre au second semestre sont toujours anticipées, les marchés ayant pris acte d’un ralentissement moins fort que prévu de l’activité au premier trimestre, les membres du FOMC indiquent désormais préférer un tapering à la poursuite de la remontée des taux. Une «pause» pourrait ainsi être observée après ces deux hausses pour évaluer leur impact sur l'économie, avant de décider si le processus de normalisation est poursuivi en 2018. «Limiter l’ampleur des réductions mensuelles des titres détenus par la Fed devrait permettre de réduire le risque d’effets adverses sur le fonctionnement des marchés ou de mouvements violents sur les taux d’intérêt. Cette approche devrait également être assez simple à communiquer», indiquent les minutes.
Le président de la Fed de Philadelphie Patrick Harker a indiqué la semaine dernière que le processus de réduction de la taille du bilan du Fed devait être «prévisible, lent et aussi ennuyeux que possible» pour éviter les effets d’un durcissement trop important des conditions monétaires sur l’activité, tandis que James Bullard, son collègue de la Fed de Saint Louis, anticipe un impact «minimal» sur les taux longs. «L’une des raisons qui poussent à préférer un système de plafond à une baisse systématique des réinvestissements de coupons mensuels est certainement due à la flexibilité qu’il donne à la Fed durant les mois où le montant de Treasuries arrivant à maturité tombe en dessous du plafond. Les détails de ce plan pourraient être donnés dès la réunion du FOMC de septembre», estime SG CIB.
Les panélistes interrogés par L’Agefi anticipent dorénavant deux hausses de taux de la Banque centrale européenne (BCE), et potentiellement une pour la Banque d’Angleterre (BoE). Ils confirment également que la Fed ne devrait plus baisser les siens, ce qui fait remonter les taux longs.
Portée par la flambée des cours de l’énergie, la hausse des prix est à son plus haut niveau depuis trois ans aux Etats-Unis. Les dépenses de consommation PCE et le PIB restent également en croissance, mais pas les revenus des ménages Américains. Ce qui oriente plutôt la Fed vers un statut quo monétaire.
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