La Fed dispose d’une fenêtre de tir pour débuter la réduction de son bilan
Contrairement à la BCE, la Fed n’a pas à se soucier d’un resserrement des conditions financières aux Etats-Unis. La réunion du FOMC, qui ne devrait pas réserver de surprise mercredi sur le maintien des taux Fed funds dans une fourchette cible de 1% à 1,25%, intervient dans un contexte de poursuite de l’affaiblissement du dollar et de rendements toujours faibles. L’évocation d’une hausse des taux par la BoE, d’une sortie possible des achats d’actifs de la BCE et la hausse effective de taux de la banque du Canada a entraîné une convergence de leurs taux longs vers ceux des Treasuries américains. Les spreads de rendements du Bund allemand et du Gilt britannique se sont resserrés d’environ 20 pb par rapport à leurs plus hauts niveaux de l’année, et ceux des obligations canadiennes de près de 45 pb.
Dans ce contexte, le dollar a chuté à son plus bas niveau depuis juin 2016 face aux autres devises du G7 et de 10% contre euro depuis avril, de 8% face au dollar canadien et de 6% face à la livre sterling, pourtant pénalisée par les craintes sur les effets du Brexit. Le yen est protégé par les interventions de la BoJ visant à conserver un taux 10 ans proche de 0. En ajoutant au resserrement des rendements et à l’affaiblissement du dollar, en partie lié aux échecs sur la réforme de l’Obamacare envoyant un mauvais signal pour la réforme fiscale, le faible niveau des spreads de crédit et un marché action au plus haut, il n’est pas étonnant que l’indice Bloomberg des conditions financières aux Etats-Unis se soit assoupli de 1,2 point cette année pour atteindre un niveau inégalé depuis début 2005.
Malgré ces conditions très souples et un taux de chômage à 4,4%, sous son niveau d’équilibre estimé à environ 4,6%, l’inflation américaine reste inférieure à l’objectif de 2%, et le rythme de progression des salaires réels refuse de décoller, ce qui suscite l’inquiétude d’un nombre croissant de membres du FOMC. Dans ce contexte, les anticipations d’une annonce, dès mercredi, du lancement du programme de réduction du bilan que la Fed a détaillé en juin, montent depuis plusieurs jours. Car «il est peu probable qu’un processus prudent de réduction de bilan entraîne une appréciation du dollar, dans la mesure où la phase d’expansion du bilan n’a pas eu d’effet durable à la baisse sur le dollar car elle n’a pas réussi à réduire significativement les taux réels», explique SG CIB.
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