Le maintien de la prévision de trois hausses cette année offre un soutien aux marchés émergents et aux actions.
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Patrick Aussannaire
La Fed a rassuré les marchés sur le rythme de son cycle de resserrement monétaire.
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Photo Fed.
La Fed a rassuré les marchés sur le rythme de son cycle de resserrement monétaire. En maintenant à sa réunion de mercredi soir sa prévision de trois hausses des taux Fed funds cette année, la Réserve fédérale américaine a apaisé les craintes, qui commençaient à monter chez les investisseurs, d’avoir à encaisser 100 pb de resserrement total des conditions monétaires aux Etats-Unis en 2017.
«La Fed a refroidi les probabilités d’une hausse de taux au mois de mai et a entraîné un réajustement à la baisse des anticipations de marchés qui ne tablent plus désormais que sur 2,5 hausses supplémentaires d’ici la fin d’année. En offrant un répit jusqu’à juin, elle offre un soutien aux actifs émergents, aux actions et aux matières premières, ainsi qu’à l’euro qui bénéficie du reflux du risque politique», explique ainsi Citigroup.
Chute importante du dollar
L’euro et le yen ont surperformé les autres devises en gagnant 1,3% et 1,7% face à un dollar en chute de 1% en moyenne face aux six autres principales devises à la suite de la réunion de la Fed qui s’est pourtant soldée par la première hausse des taux de l’année. Il s’agit du plus fort recul du billet vert en séance depuis juillet, alors que les positions acheteuses dépassaient de 172.639 contrats les positions vendeuses avant la réunion de la Fed. Depuis leur point bas atteint en décembre, la monnaie unique et le yen se sont repris de 3,5% et 4,5% respectivement. Le mouvement de rebond des devises émergentes suivies par l’indice JPMorgan, de 1,4% hier, et de 5% en moyenne depuis ses bas niveaux de la fin du mois de novembre dernier, est même encore plus impressionnant.
Le resserrement monétaire de la Fed devrait évoluer en 2018 vers un mélange de trois hausses de taux attendues et de normalisation du bilan, discutée mercredi par le FOMC sans qu’aucune décision n’ait encore été prise. «Il faudra suivre de près les annonces de la Fed sur la politique de son bilan, avec un risque de vente sur les taux longs si la Fed surprend le marché», alerte Natixis. Malgré une légère détente après avoir atteint lundi son plus haut niveau depuis juillet 2014, le rendement des Treasuries à 10 ans reste supérieur à 2,5% et affiche une hausse de 75 pb depuis l’élection de Donald Trump début novembre. «Le fait que le rendement nominal et réel à 10 ans ne soit pas à 3% et 1% montre que les marchés ne croient pas à la prévision de la Fed d’un taux Fed funds à 3% à partir de fin 2019», nuance SG CIB.
Le taux d’inflation annuel s’est maintenu aux Etats-Unis en juillet pour le 65e mois consécutif bien au-dessus de l’objectif de 2% de la Réserve fédérale (Fed), le taux mensuel remontant même de 0,1% à 0,2% de manière inattendue. Cela ne devrait toutefois pas inciter la Fed à resserrer sa politique monétaire dans l’immédiat.
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