La Fed adopte un biais monétaire plus restrictif
La Réserve fédérale américaine aura attendu un an avant de relever une nouvelle fois ses taux d’intérêt. A l’issue d’une réunion de deux jours de son comité de politique monétaire (FOMC), elle a annoncé hier soir une hausse d’un quart de point du taux des fonds fédéraux (Fed funds), qui évoluera désormais dans une fourchette comprise entre 0,50 et 0,75%, la décision ayant été prise - pour la première fois depuis juillet - à l’unanimité des membres du comité.
«C’est un vote de confiance dans l'économie», a affirmé la présidente de la Fed, Janet Yellen, lors de sa conférence de presse. Les membres du FOMC semblent être favorables à un resserrement monétaire plus rapide que prévu pour éviter une surchauffe. Ils tablent désormais sur trois hausses des taux en 2017, contre deux prévues il y a trois mois. Ces trois hausses seraient suivies de trois autres en 2018 puis en 2019, ce qui ramènerait le taux directeur tout près du taux de 3% jugé «normal» par l’institution monétaire.
Les prévisions économiques de la banque centrale montrent que ses responsables ont revu en légère hausse leur prévision de croissance de l'économie américaine pour 2017, à 2,1 % contre 2 %, tandis que leur perspective pour 2018 reste inchangée à 2 %. Ils tablent sur une inflation annuelle de 1,9% pour l’an prochain, proche de l’objectif de 2% que s’est fixé la Fed et soulignent que «les gains d’emplois ont été solides au cours des récents mois».
La patronne de la Fed reste prudente sur l’impact des promesses de relance du président élu Donald Trump. Si elles peuvent stimuler l’économie, elles sont aussi susceptibles de renforcer l’inflation. «Des changements dans la politique budgétaire et d’autres mesures économiques pourraient potentiellement affecter les perspectives économiques», a admis Janet Yellen, tout en assurant qu’il était «trop tôt» pour en évaluer l’impact potentiel.
La Fed «n’a pas spécifiquement mentionné les mesures de soutien budgétaire mais le fait qu’elle se montre un peu plus offensive indique qu’elle est plus confiante qu’auparavant dans le fait de pouvoir passer trois hausses de taux l’année prochaine», commente Aaron Kohli, spécialiste de la stratégie taux chez BMO Capital Markets.
L’indice S&P 500 a terminé en baisse de 0,8%, alors que le rendement des Treasuries à deux ans a atteint un pic depuis août 2009 et que le dollar a progressé de 1% face à un panier de devises internationales.
Plus d'articles du même thème
-
L’OCDE revoit à la marge ses prévisions mais craint un conflit long au Moyen-Orient
L’institution anticipe désormais une croissance de 2,8% cette année avec une forte hausse de l’inflation, dans son scénario central d’une résolution rapide du conflit. S’il dure, la croissance pourrait chuter à des niveaux observés pendant les crises majeures. -
L’euro conforte sa place de devise internationale
Dans son rapport sur le rôle international de l’euro, la BCE classe sa devise au deuxième rang mondial derrière le dollar dans le système monétaire international. L’euro devient également une valeur refuge pour de nombreux investisseurs. -
L’indépendance des banques centrales a progressé dans les pays émergents
Au Moyen-Orient, en Asie centrale et dans le Caucase, la politique monétaire est devenue plus efficace au fur et à mesure que les banques centrales consolidaient leur indépendance. Un constat dressé par le FMI qui propose aussi quelques pistes de renforcement.
ETF à la Une
WisdomTree rejoint la course aux ETF spatiaux en Europe
- L'extravagante valorisation de SpaceX suscite le vertige
- Les banques affûtent leur stratégie de conquête dans l’immobilier
- Airbus se dirige vers un deuxième trimestre réjouissant
- La stratégie d'investissement de détail européenne provoque une poussée de fièvre côté français
- Des manquements déclaratifs pourraient coûter 1,8 million d’euros à Bourse Direct
Contenu de nos partenaires
-
Iran, Ukraine, ... : mythes et réalités de la guerre des récits
Face à une guerre d’influence mondiale amplifiée par la désinformation sur Internet, les démocraties occidentales peinent à contrer des récits qui exploitent leurs propres failles -
Y a-t-il un plan ?Comment l’armée britannique perd sa crédibilité
Le ministère britannique de la Défense peine à produire un plan décennal clair alors que les dépenses augmentent -
BluesA Bruxelles, les fonctionnaires de l'environnement se mettent au service de l'économie
La dynamique de pouvoir a changé à la Commission européenne, où les artisans du Pacte vert s'échinent à le simplifier en vantant la compétitivité des entreprises