Après avoir relevé d’un quart de point son taux directeur, la banque centrale américaine table désormais sur trois hausses l’année prochaine.
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Yves-Marc Le Réour
Janet Yellen, présidente de la Fed, lors de la conférence de presse du 14 décembre 2016.
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Photo Fed.
La Réserve fédérale américaine aura attendu un an avant de relever une nouvelle fois ses taux d’intérêt. A l’issue d’une réunion de deux jours de son comité de politique monétaire (FOMC), elle a annoncé hier soir une hausse d’un quart de point du taux des fonds fédéraux (Fed funds), qui évoluera désormais dans une fourchette comprise entre 0,50 et 0,75%, la décision ayant été prise - pour la première fois depuis juillet - à l’unanimité des membres du comité.
«C’est un vote de confiance dans l'économie», a affirmé la présidente de la Fed, Janet Yellen, lors de sa conférence de presse. Les membres du FOMC semblent être favorables à un resserrement monétaire plus rapide que prévu pour éviter une surchauffe. Ils tablent désormais sur trois hausses des taux en 2017, contre deux prévues il y a trois mois. Ces trois hausses seraient suivies de trois autres en 2018 puis en 2019, ce qui ramènerait le taux directeur tout près du taux de 3% jugé «normal» par l’institution monétaire.
Les prévisions économiques de la banque centrale montrent que ses responsables ont revu en légère hausse leur prévision de croissance de l'économie américaine pour 2017, à 2,1 % contre 2 %, tandis que leur perspective pour 2018 reste inchangée à 2 %. Ils tablent sur une inflation annuelle de 1,9% pour l’an prochain, proche de l’objectif de 2% que s’est fixé la Fed et soulignent que «les gains d’emplois ont été solides au cours des récents mois».
La patronne de la Fed reste prudente sur l’impact des promesses de relance du président élu Donald Trump. Si elles peuvent stimuler l’économie, elles sont aussi susceptibles de renforcer l’inflation. «Des changements dans la politique budgétaire et d’autres mesures économiques pourraient potentiellement affecter les perspectives économiques», a admis Janet Yellen, tout en assurant qu’il était «trop tôt» pour en évaluer l’impact potentiel.
La Fed «n’a pas spécifiquement mentionné les mesures de soutien budgétaire mais le fait qu’elle se montre un peu plus offensive indique qu’elle est plus confiante qu’auparavant dans le fait de pouvoir passer trois hausses de taux l’année prochaine», commente Aaron Kohli, spécialiste de la stratégie taux chez BMO Capital Markets.
L’indice S&P 500 a terminé en baisse de 0,8%, alors que le rendement des Treasuries à deux ans a atteint un pic depuis août 2009 et que le dollar a progressé de 1% face à un panier de devises internationales.
Les indicateurs d'inflation dits «robustes» filtrent les variations extrêmes mais peuvent ne prendre en compte que la moitié du panier de consommation. Ces mesures ont historiquement retardé la détection des phases d’accélération inflationniste.
Le compte rendu de la réunion du comité monétaire d’avril de la Banque du Japon montre que certains de ses membres sont favorables à une hausse des taux dès la prochaine réunion des 15 et 16 juin.
Le prochain patron de la Reserve fédérale incarne moins une rupture qu’une nostalgie, relève Gilles Moëc, chef économiste d’Axa, celle d’une Fed des années 1990, centrée sur la stabilité des prix, réticente aux bilans hypertrophiés, méfiante envers les outils non conventionnels et attachée à une séparation nette entre politique monétaire et politique budgétaire.
Il ne reste plus à Kevin Warsh, candidat de Donald Trump, que de prêter serment avant de prendre ses fonctions pour un mandat de quatre ans. Il devrait présider sa première réunion de politique monétaire les 16 et 17 juin
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