La dette mondiale atteint des sommets
Les arbres ne montent pas jusqu’au ciel mais la dette mondiale, elle, continue d’établir de nouveaux records. Une situation qui inquiète les institutions internationales comme le FMI ou la BRI. A fin juin 2019, elle a atteint un nouveau sommet à 250.900 milliards de dollars, selon le dernier Global Debt Monitor publié par l’IIF (Institute of International Finance). Et elle devrait continuer de progresser, selon ses économistes : «Nous ne constatons pas de signe de ralentissement du rythme d’accumulation de dette. La dette devrait dépasser 255.000 milliards cette année.» Elle représente désormais plus de trois fois le PIB mondial.
La dette a encore gonflé de 7.500 milliards au premier semestre en raison de l’assouplissement des conditions financières. La Chine et les Etats-Unis ont été les deux principaux contributeurs (60% de cet accroissement). La réforme fiscale engagée par l’administration Trump l’an dernier a gonflé le déficit public et donc le besoin de financement. La dette publique américaine atteint 100,5% du PIB, un niveau similaire à celui de la zone euro (100,8%). Sur un an, la France, et plus particulièrement les entreprises, affiche l’une des plus importantes progressions. De son côté la Chine a rouvert le robinet du crédit pour faire face au ralentissement de son économie. La dette des pays émergents atteint également des sommets à 71.400 milliards, soit 220% du PIB.
Hors dette des institutions financières, la dette mondiale des ménages, des entreprises et des Etats pèse près de 240% du PIB. Au cours de la dernière décennie, la hausse de 70.000 milliards de la dette mondiale a été portée par l’endettement public et des entreprises. Alors que la dette publique a surtout progressé dans les pays développés, c’est celle des entreprises qui a le plus augmenté dans les émergents. Elle a triplé à 30.000 milliards et représente 93,7% du PIB. Un endettement qui touche surtout les entreprises d’Etat, souligne l’IIF qui relève les défis auxquels sont confrontés certains pays comme l’Afrique du Sud avec Eskom.
Danger pour les pays très endettés
Les conditions monétaires particulièrement accommodantes offertes par les banques centrales, dans un environnement de croissance sous le potentiel dans près des deux tiers des pays, ont permis aux Etats et aux entreprises de se refinancer facilement. La dette en dollars de certains pays particulièrement endettés (Argentine, Turquie, Chili…) pourrait toutefois être malmenée en cas de ralentissement marqué. Au total, les pays émergents doivent refinancer 9.400 milliards de dette d’ici fin 2021.
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Le match serait en revanche plus serré face à un adversaire issu des rangs de la droite et du centre. En particulier Edouard Philippe, donné gagnant dans les dernières enquêtes d’opinion, aussi bien contre Mme Le Pen que M. Bardella. «La présidentielle se jouera certainement entre le RN et le bloc central, s’ils arrivent à avoir un candidat commun», insiste tout de même la triple candidate à l’Elysée, qui reconnait que «dans cette configuration, Edouard Philippe a un certain nombre de qualités mathématiques» car «il est en même temps issu de la droite, ancien Premier ministre macroniste» et «il plaît à la gauche, en tout cas il ne la dérange pas». Pas envie de «facilité» Si sa préférence va donc à un affrontement contre celui qu’elle qualifie de «candidat du parti unique» et d’incarnation de «l’extinction du clivage droite-gauche», Mme Le Pen souligne que dans ce scénario, «il y a une condition sine qua non, c’est qu’ils arrivent à ne pas être quinze sur la ligne de départ». Dans le cas contraire, «le risque que Jean-Luc Mélenchon s’appuie sur un socle qui est plus fiable que le bloc central est réel», ajoute-t-elle. Mais la perspective d’une victoire dans un «front anti-LFI» ne l’enchante guère. «Je ne trouve pas ça extrêmement glorieux d'être élue sur la base de cet unique argument», explique-t-elle, critiquant «une forme de facilité». La critique vise notamment son autre rival déclaré, Bruno Retailleau, qui ne lui inspire aucune inquiétude. «Ce sera le Zemmour de 2027 (…) ce sera Monsieur Plus», ironise-t-elle. Son pari? Le patron des Républicains «va se radicaliser» pendant la campagne comme "à chaque fois que quelqu’un se met en concurrence avec le RN». Et si l’ex-ministre de l’Intérieur entend miser sur son expérience pour s’imposer, «tant mieux pour nous» car «son résultat à Beauvau est juste pathétique», assène-t-elle. Prête pour la bataille, la cheffe de file de l’extrême droite française est d’autant plus à l’aise que «les thèmes ont été imposés par le RN, aujourd’hui plus personne ne peut faire campagne sans parler d’immigration ni de sécurité, c’est une victoire idéologique qui est acquise». Avec «la question évidemment absolument essentielle du pouvoir d’achat», et «le sujet des finances publiques qui va certainement s’inviter», les grandes lignes de la confrontation sont tracées. Reste à trouver comment «dessiner dans l’esprit des Français ce que peut être la France sans l’ensemble de ces fils qui l’entravent et de ces maux qui la frappent». «La décision sera simple» Le parti n’en est pas encore là, même s’il «prépare sa campagne». Un premier séminaire mi-avril a permis d’identifier de premiers points sensibles, notamment la sécurité de son candidat «qui est une vraie préoccupation, parce que l’extrême gauche est de plus en plus brutale et violente». «Personne n’a jamais empêché un meeting de Mélenchon (…) il n’y a jamais de contre-manifestation contre un meeting de la France Insoumise, ça n’est jamais arrivé, ça n’existe pas», insiste-t-elle, dénonçant aussi bien «une impunité de la part des pouvoirs publics» qu’une «compréhension coupable de la part de la presse» qui s’en fait l'écho. D’autres réunions internes seront par ailleurs nécessaires pour finaliser le programme. «On va maintenant se voir extrêmement régulièrement, avec Jordan Bardella et nos équipes rapprochées pour commencer les arbitrages sur le projet présidentiel, qui a déjà beaucoup avancé», indique-t-elle. 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Pétrole : les Emirats arabes unis créent la surprise en annonçant leur départ de l’Opep
Dubaï - Les Emirats arabes unis ont annoncé mardi leur retrait surprise de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) au nom de «l’intérêt national», marquant un revers pour l’alliance, déjà ébranlée par la guerre au Moyen-Orient. Le pays du Golfe, qui figure parmi les plus grands producteurs au monde, quittera le groupe mené par Ryad et son extension Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a indiqué l’agence de presse officielle Wam. «Cette décision reflète la vision stratégique et économique à long terme des Emirats arabes unis», a précisé Wam, en pleine «accélération des investissements dans la production d'énergie». Les Emirats, qui ont rejoint le cartel en 1967, ont «apporté des contributions importantes et consenti des sacrifices encore plus grands dans l’intérêt de tous. Mais le moment est venu de concentrer nos efforts sur ce que dicte notre intérêt national», a-t-elle ajouté. Cet affranchissement d’une Opep dominée par l’Arabie saoudite intervient alors que les différends entre les deux puissances du Golfe, longtemps alliées, ont éclaté au grand jour ces derniers mois. De la Libye au Yémen en passant par la Corne de l’Afrique, Ryad voit d’un mauvais oeil les ambitions régionales de son petit voisin, selon des analystes. Produire plus Désormais leur discorde se joue aussi sur le plan économique. Après le départ du Qatar en 2019, puis de l’Equateur et de l’Angola, l’annonce d’Abou Dhabi crée la surprise même si la monarchie, désireuse de produire plus pour engranger plus de recettes, avait fait entendre une voix dissonante au sein du groupe ces dernières années. Elle avait d’ailleurs reçu un traitement de faveur pour augmenter ses quotas de production davantage que ses partenaires. Mais ces concessions n’ont visiblement pas suffi, au moment où l’impact de la guerre au Moyen-orient pose de nouveaux défis. Les Emirats figurent parmi les pays plus touchés par les attaques menées par l’Iran dans le Golfe en représailles à l’offensive israélo-américaine lancée le 28 février contre la République islamique. Le conflit a provoqué une quasi fermeture du détroit d’Ormuz par lequel transite d’ordinaire un cinquième du brut mondial, faisant flamber les cours. Et a mis au jour là aussi des divergences entre voisins du Golfe, Abou Dhabi adoptant un ton plus offensif à l'égard de Téhéran. Compte tenu des restrictions actuelles dans le détroit, les Emirats arabes unis ne veulent plus être soumis à des quotas une fois que la situation sera revenue à la normale, selon une source proche du ministère de l’Energie. «Affaiblissement» de l’Opep Pour Jorge Leon, analyste chez Rystad Energy, ce retrait signe un tournant majeur pour l’Opep. «Avec l’Arabie saoudite, c’est l’un des rares membres à disposer d’une capacité de réserve significative — le mécanisme par lequel le groupe exerce son influence sur le marché», dit-il à l’AFP. Si les effets risquent d'être limités à court terme, du fait des perturbations liées à la guerre, «cela se traduira à plus long terme par un affaiblissement structurel de l’Opep», estime-t-il. De quoi soulever «des questions quant à la pérennité du rôle de l’Arabie saoudite» et laisser entrevoir un marché pétrolier «potentiellement plus volatil». Fondée en 1960, l’Opep, qui réunit actuellement, dans l’attente du départ émirati, 12 membres sous la houlette de Ryad, a noué en 2016 une alliance avec dix autres pays, dont Moscou, sous la forme d’un accord appelé Opep+, dans l’optique de limiter l’offre et de soutenir les cours face aux défis posés par la concurrence américaine. Avant le conflit au Moyen-Orient, les Emirats arabes unis figuraient au quatrième rang des 22 producteurs de l’alliance, derrière l’Arabie saoudite, la Russie et l’Irak, avec environ 3,5 millions de barils par jour (mbj). Selon David Oxley, expert chez Capital Economics, «lorsque les flux énergétiques reviendront à la normale, le départ de l’Opep+ pourrait conduire les Emirats arabes unis à pomper 1 million de barils supplémentaires». Sahar AL ATTAR © Agence France-Presse